Loi-programme sur les Maisons de la culture (Malraux, 1963-1966)
Programme de création de Maisons de la culture dans chaque département pour démocratiser l'accès aux arts.
Initiative politique : non documentée
⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.
Comment l’initiative est-elle établie ?Description
André Malraux, ministre d'État chargé des Affaires culturelles, lance un programme ambitieux de Maisons de la culture visant à rendre accessible à tous les Français les grandes œuvres de l'humanité. Le projet prévoit la construction d'une Maison de la culture dans chaque département, financée conjointement par l'État et les collectivités locales (50/50). Ces établissements polyvalents doivent accueillir théâtre, musique, arts plastiques, cinéma et conférences, avec une programmation de qualité nationale. Les premières Maisons ouvrent au Havre (1961), à Caen, Bourges, Amiens, Grenoble et Firminy entre 1963 et 1968. Le programme, bien qu'il n'atteigne jamais l'objectif d'un établissement par département (seules une dizaine verront le jour), pose les fondements de la politique culturelle française de décentralisation et préfigure le réseau des scènes nationales.
Contexte
La France de 1963 reste marquée par une forte centralisation culturelle parisienne. Malraux, écrivain et résistant devenu ministre, porte une vision humaniste de la culture comme droit universel. Le ministère des Affaires culturelles, créé en 1959, est encore jeune et peu doté.
Chaîne d'impact
Réforme
Maisons de la culture
juillet 1963
Schéma récurrent — 27 tentatives
Des réformes similaires ont été tentées à d'autres époques
Promesse d'origine
« Malraux a été nommé avec la mission explicite de démocratiser la culture et de la rendre accessible sur tout le territoire. »
Source : Décret de création du ministère des Affaires culturelles, 1959
Écart entre promesse et réalisation
Le programme est moins ambitieux dans sa réalisation que dans ses objectifs initiaux (une dizaine de Maisons au lieu d'une par département).
Effets mesurés
Effets positifs
1Création d'un réseau de lieux culturels de qualité en province, fondement de la décentralisation culturelle
Fiabilité hauteMesure : 1968-12-31Ministère de la Culture (direction des archives) — Le ministère de la Culture : 60 ans d'action en 500 dates
Effets négatifs
1Objectif quantitatif largement manqué : une dizaine de Maisons au lieu des 96 prévues
Fiabilité hauteMesure : 1968-12-31Philippe Urfalino — L'invention de la politique culturelle — Hachette Littératures, coll. « Pluriel », 2011, 427 p. · ISBN 978-2-8185-0250-1 · notice référence bibliographique
Effets de bord
1Débats durables sur la définition de la démocratisation culturelle : accès aux œuvres savantes vs reconnaissance des cultures populaires
Fiabilité moyenneMesure : 1970-12-31Pierre Bourdieu — L'amour de l'art : les musées d'art européens et leur public — Éditions de Minuit, 1966, 216 p. · ISBN 9782707300287 · notice référence bibliographique
Analyses contradictoires
Pour
Les Maisons de la culture ont incarné un idéal républicain d'accès universel à la culture et ont posé les fondements d'une politique culturelle décentralisée unique au monde.
Contre
Le projet Malraux reposait sur une conception élitiste de la culture comme révélation par les chefs-d'œuvre, ignorant les pratiques culturelles populaires et imposant une culture légitime parisienne en province.
Sources
- [1]
Philippe Urfalino — L'invention de la politique culturelle — Hachette Littératures, coll. « Pluriel », 2011, 427 p. · ISBN 978-2-8185-0250-1 référence bibliographique
Source académiquePhilippe Urfalino
Source de vérification : Vie-publique.fr
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources