MajeureLoiCulture & Médias

Loi sur la liberté de communication et création de la CNCL

Nouvelle loi-cadre sur la communication audiovisuelle remplaçant la Haute Autorité par la CNCL et autorisant la privatisation de TF1.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Jacques Chirac

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Jacques Chirac (Premier ministre).

Mesure annoncée dans la politique générale de Chirac, le 9 avril 1986.

Attribution revue le 2026-10-11.

Cohabitation — gouvernement Jacques Chirac. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi du 30 septembre 1986, dite loi Léotard, est le nouveau cadre juridique de la communication audiovisuelle française. Elle remplace la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, créée par la gauche en 1982, par la Commission Nationale de la Communication et des Libertés (CNCL), dotée de 13 membres nommés selon un mode de désignation plus politique (présidents de la République, du Sénat et de l'Assemblée nationale). La loi affirme le principe de liberté de la communication mais organise la privatisation du secteur audiovisuel : elle autorise la privatisation de TF1, fixe les règles de concentration des médias et définit les obligations des chaînes privées en matière de production française et de pluralisme. François Léotard, ministre de la Culture, présente la loi comme le passage de l'« audiovisuel d'État » à l'« audiovisuel de liberté ». La CNCL, jugée trop politisée et complaisante envers la majorité, sera remplacée par le CSA en 1989 après le retour de la gauche. La loi du 30 septembre 1986, en revanche, constitue le socle législatif de l'audiovisuel français et est encore en vigueur aujourd'hui (modifiée à de nombreuses reprises).

Contexte

L'audiovisuel français est en pleine mutation : Canal+ (1984), La Cinq et TV6 (1985) ont rompu le monopole public. La droite veut aller plus loin en privatisant TF1 et en redessinant le cadre réglementaire.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Sénat
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 111 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, accord
  • Accord en commission mixte paritaire
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 députés

18 septembre 1986Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006068930_01-01-2024
Publication au JORF
01 octobre 1986
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi Léotard / CNCL

septembre 1986

Chaînage législatif

1989remplacement de la CNCL

Le gouvernement Rocard remplace la CNCL par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA).

→ (fiche non identifiée)

Modifie également

Promesse d'origine

« Libérer la communication audiovisuelle et mettre fin au monopole public (programme RPR-UDF 1986) »

Source : Plateforme commune RPR-UDF, « Gouverner ensemble », 1986

Écart entre promesse et réalisation

Promesse tenue : le nouveau cadre législatif libéralise l'audiovisuel et permet la privatisation de TF1.

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

2
  • La CNCL est perçue comme un organe partisan au service de la majorité, sapant la crédibilité de la régulation indépendante

    Fiabilité hauteMesure : 1988-01-01Charles Debbasch — Droit de l'audiovisuel (2e éd.) — Dalloz (Précis Dalloz), 1991, XX-921 p. p. · ISBN 978-2-247-01169-8 référence bibliographique
  • Les règles anti-concentration sont jugées trop laxistes, permettant la constitution de grands groupes multimédias

    Fiabilité moyenneMesure : 1990-01-01Pierre Musso — Télécommunications et philosophie des réseaux : la postérité paradoxale de Saint-Simon — PUF (coll. La politique éclatée), 1998, 395 p. p. · ISBN 2-13-048397-6 référence bibliographique

Effets de bord

1
  • La loi du 30 septembre 1986 devient le socle législatif permanent de l'audiovisuel français, modifié mais jamais remplacé. La CNCL sera remplacée par le CSA (1989), puis l'Arcom (2022).

    Fiabilité hauteMesure : 2022-01-01L'audiovisuel public en France — rubrique « Histoire : les grandes dates de l'audiovisuel public » agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

La loi de 1986 a libéré l'audiovisuel de la tutelle étatique et créé un marché dynamique. Elle a posé les bases d'un paysage médiatique pluraliste où coexistent chaînes publiques et privées. C'est une loi de liberté fondamentale.

MédiaFrançois Léotard — Ça va mal finir — Grasset, 2008, 136-140 p. p. · ISBN 978-2-246-73791-9 référence bibliographique(droite)

Contre

La loi de 1986 a organisé la marchandisation de l'espace public audiovisuel. La CNCL était un outil partisan, et la privatisation de TF1 a sacrifié la mission culturelle de la télévision au profit des intérêts commerciaux des groupes privés.

MédiaSerge Halimi — Les Nouveaux Chiens de garde — Liber-Raisons d'agir, 1997, 110 p. · ISBN 2-912107-01-6 · notice référence bibliographique(gauche)

Chaînage législatif

Modifiée par

  • remplacement de la CNCL
    creation-csa-1989 (fiche non identifiée)

    Le gouvernement Rocard remplace la CNCL par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA).

Modifie les réformes suivantes

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources