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Rétablissement du scrutin majoritaire uninominal à deux tours

Rétablissement du scrutin majoritaire uninominal à deux tours pour les élections législatives, abrogeant la proportionnelle instaurée par la gauche en 1985.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Jacques Chirac

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Jacques Chirac (Premier ministre).

Mesure annoncée dans la politique générale de Chirac, le 9 avril 1986.

Attribution revue le 2026-10-11.

Cohabitation — gouvernement Jacques Chirac. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi du 11 juillet 1986 rétablit le scrutin majoritaire uninominal à deux tours pour les élections législatives, abrogeant le scrutin proportionnel départemental instauré par la loi du 10 juillet 1985 sous le gouvernement Fabius. Ce retour au mode de scrutin traditionnel de la Ve République est l'une des premières mesures du gouvernement Chirac. La proportionnelle, instaurée par Mitterrand pour limiter l'ampleur de la défaite de la gauche, avait permis l'entrée de 35 députés du Front national à l'Assemblée nationale. Le retour au scrutin majoritaire vise explicitement à marginaliser le FN en rendant impossible l'obtention de sièges sans implantation locale forte. La loi procède également à un redécoupage des circonscriptions (critiqué par la gauche comme un « charcutage »), confié au ministre de l'Intérieur Charles Pasqua. Ce redécoupage restera en vigueur jusqu'en 2010. Le rétablissement du scrutin majoritaire fait consensus à droite comme au centre ; seul le FN et une partie de la gauche s'y opposent.

Contexte

La proportionnelle de 1985 avait été instaurée par calcul politique mitterrandien. La droite revenue au pouvoir veut revenir au scrutin majoritaire qui la favorise structurellement. Le FN, avec 35 députés, fait pression pour maintenir la proportionnelle.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 93 jours
  • Commission mixte paritaire : non réunie
  • Accord des chambres en navette simple
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 sénateurs

2 juillet 1986Conforme

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006068972_31-03-2011
Publication au JORF
12 juillet 1986
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Retour scrutin majoritaire

juillet 1986

Chaînage législatif

Modifie également

Promesse d'origine

« Rétablir le scrutin majoritaire uninominal à deux tours pour les élections législatives (programme RPR-UDF 1986) »

Source : Plateforme commune RPR-UDF, « Gouverner ensemble », 1986

Écart entre promesse et réalisation

Promesse intégralement tenue dès les premières semaines du gouvernement.

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Rétablissement de la stabilité gouvernementale et du lien direct entre l'élu et sa circonscription

    Mesure : 1988-06-15Analyse de la rédaction — interprétation éditoriale, sans source tierce attachée.
  • Marginalisation parlementaire du Front national : 1 seul député FN élu en 1988 contre 35 en 1986

    Députés FN
    35 sièges1 sièges
    Fiabilité hauteMesure : 1988-06-15Les résultats des élections législatives des 5 et 12 juin 1988 (IXe législature) agent en recherche

Effets négatifs

2
  • Sous-représentation persistante de courants politiques significatifs : le FN obtient 9,8 % des voix en 1988 mais un seul siège

    Fiabilité hauteMesure : 1988-06-15Pierre Martin — Les systèmes électoraux et les modes de scrutin — Montchrestien (coll. Clefs/Politique), 1994, 160 p. p. · ISBN 978-2-7076-0650-1 référence bibliographique
  • Le redécoupage Pasqua favorise structurellement la droite et sera dénoncé comme un « charcutage » électoral par l'opposition

    Fiabilité moyenneMesure : 1988-06-15Les Échos — En 1986, un découpage mouvementé

Effets de bord

1
  • Le retour du scrutin majoritaire ancre le débat récurrent sur la proportionnelle dans la vie politique française. Chaque président promettra un « dose de proportionnelle » sans jamais l'appliquer intégralement.

    Fiabilité hauteMesure : 2022-01-01Représentation proportionnelle : un mode de scrutin en débat agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

Le scrutin majoritaire est le garant de la stabilité républicaine. Il crée des majorités claires, responsabilise les élus devant leurs électeurs et évite la fragmentation parlementaire qui a paralysé la IVe République. Le retour à ce mode de scrutin est un retour à la logique gaullienne des institutions. [Données factuelles : Marginalisation parlementaire du Front national : 1 seul député FN élu en 1988 contre 35 en 1986 : 35 → 1 sièges.]

Contre

Le scrutin majoritaire est un mode de scrutin injuste qui écrase les minorités et fausse la représentation nationale. Près de 10 % des électeurs votent FN et n'ont qu'un député. La démocratie exige que chaque voix compte également.

Source académiqueGuy Carcassonne (préf. Georges Vedel) — La Constitution — Seuil (coll. Points Essais, n° 319), 1996, 374 p. p. · ISBN 978-2-02-026185-2 référence bibliographique(centre)

Chaînage législatif

Modifie les réformes suivantes

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources