Réforme Fouchet de l'enseignement supérieur (1963-1966)
Réorganisation des cycles universitaires et création des IUT pour répondre à la massification de l'enseignement supérieur.
Initiative politique : non documentée
⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.
Comment l’initiative est-elle établie ?Description
La réforme de l'enseignement supérieur conduite par le ministre Christian Fouchet entre 1963 et 1966 vise à adapter l'université française à l'afflux massif d'étudiants lié au baby-boom. Elle réorganise les études universitaires en trois cycles (DUEL/DUES, licence-maîtrise, doctorat), crée les Instituts universitaires de technologie (IUT) en 1966 pour offrir des formations courtes professionnalisantes, et réforme les programmes de la licence et de l'agrégation. La réforme instaure également une sélection à l'entrée du deuxième cycle et renforce les filières scientifiques et techniques conformément aux besoins de l'économie moderne. Cette réforme, contestée par les milieux universitaires et étudiants qui la jugent trop technocratique, ne résoudra pas les problèmes structurels de l'université française et sera balayée par la crise de Mai 68 puis remplacée par la loi Faure.
Contexte
Le nombre d'étudiants explose (de 200 000 en 1960 à 500 000 en 1968) sans que les structures universitaires suivent. L'université traditionnelle héritée du XIXe siècle est inadaptée à la massification. Les besoins de l'économie en cadres techniques sont croissants.
Texte officiel consolidé
Vérifié le 10 octobre 2026- Identifiant Légifrance
- JORFTEXT000000701697
- Publication au JORF
- 01 septembre 1963
Chaîne d'impact
Réforme
Réforme Fouchet
septembre 1963
Chaînage législatif
La loi Faure d'orientation de l'enseignement supérieur remplace la réforme Fouchet après Mai 68
Promesse d'origine
« Le gouvernement s'est engagé à moderniser l'enseignement supérieur pour former les cadres nécessaires au développement économique. »
Source : Déclaration de politique générale, 1962
Écart entre promesse et réalisation
La réforme répond partiellement aux engagements mais reste en deçà des besoins réels liés à l'explosion démographique universitaire.
Effets mesurés
Effets positifs
1Création des IUT, filière d'excellence professionnalisante qui perdure encore aujourd'hui
Fiabilité hauteMesure : 1966-12-31Décret n° 66-27 du 7 janvier 1966 portant création d'instituts universitaires de technologie agent en recherche
Effets négatifs
1Échec à résoudre la crise de l'université face à la massification, contribuant au malaise étudiant de Mai 68
Fiabilité hauteMesure : 1968-05-01Antoine Prost — Histoire de l'enseignement en France, 1800-1967 agent en recherche
Effets de bord
1Cristallisation de la contestation étudiante contre une réforme jugée technocratique et sélective
Fiabilité moyenneMesure : 1967-12-31Antoine Prost — Histoire de l'enseignement en France, 1800-1967 agent en recherche
Analyses contradictoires
Pour
La réforme Fouchet a eu le mérite de poser le problème de la modernisation universitaire et de créer les IUT, innovation durable et réussie du système éducatif français.
Contre
La réforme a échoué car elle n'a pas donné les moyens financiers nécessaires aux universités et a tenté d'imposer une vision utilitariste de l'enseignement supérieur sans concertation avec la communauté universitaire.
Chaînage législatif
Modifiée par
- abrogation_partielleref-degaulle-loi-faure-1968 (fiche non identifiée)
La loi Faure d'orientation de l'enseignement supérieur remplace la réforme Fouchet après Mai 68
Cette réforme a été abrogée par : ref-degaulle-loi-faure-1968 (fiche non identifiée)
Sources
- [2]
Antoine Prost — Histoire de l'enseignement en France, 1800-1967
Source académiqueAntoine Prost
Source de vérification : Vie-publique.fr
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources