Loi de programmation militaire 2024-2030 — 413 milliards pour les armées
Loi de programmation militaire dotant les armées françaises de 413 milliards d'euros sur sept ans, un effort historique depuis la fin de la guerre froide.
Initiative politique : présidentielle
Acteurs et rôles documentés : Emmanuel Macron, président de la République et chef des armées, Sébastien Lecornu, ministre des Armées, État-major et gouvernement.
Macron commande la réévaluation de la programmation militaire en juillet 2022 et demande qu’elle débouche sur une nouvelle loi début 2023 jusqu’à 2030.
- Élysée — discours aux armées à Brienne, 13 juillet 2022
Paraphrase : Macron indique avoir demandé de réévaluer la programmation et souhaite que les travaux conduisent à une loi discutée début 2023, avec trajectoire jusqu’à 2030.
Attribution revue le 2026-10-12.
Description
Promulguée le 1er août 2023, la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 prévoit un budget total de 413 milliards d'euros pour les armées sur sept ans, soit une augmentation de 40 % par rapport à la LPM 2019-2025 (295 milliards). Le budget annuel de la Défense passera de 43,9 milliards en 2023 à 69 milliards en 2030, avec des « marches » budgétaires de 3 à 4,5 milliards par an. La LPM fixe comme objectif la préparation à un « engagement majeur » (haute intensité), enseignement tiré de la guerre en Ukraine.
Contexte
L'invasion de l'Ukraine par la Russie (février 2022) a provoqué un choc stratégique en Europe, révélant l'insuffisance des armées européennes et la dépendance à la protection américaine. Les livraisons d'armes françaises à l'Ukraine ont mis en lumière l'état critique des stocks militaires. Le contexte géopolitique (menaces hybrides, tensions en Indopacifique, terrorisme au Sahel) justifie un réarmement accéléré.
Vote à l’Assemblée nationale
Scrutin n° 2256 · 12 juillet 2023 · 16e législature
l'ensemble du projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (texte de la commission mixte paritaire).
286 votants · 1 non-votants
Répartition par groupe (top 5)
- PO8005260 / 0 / 4
Pour / Contre / Abstention
Parcours institutionnel
Navette Assemblée — Sénat
- Première chambre saisie : Assemblée nationale
- Lectures : 2
- Durée dépôt → promulgation : 119 jours
- Commission mixte paritaire : réunie, accord
- Accord en commission mixte paritaire
- Dossier législatif (senat.fr)
La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.
Texte officiel consolidé
Vérifié le 13 avril 2026- Identifiant Légifrance
- LEGITEXT000047916371_03-08-2023
- Publication au JORF
- 03 août 2023
Chaîne d'impact
Promesse d'origine
« Porter le budget des armées à 2 % du PIB et préparer nos forces à un engagement de haute intensité. »
Source : Emmanuel Macron, Revue nationale stratégique 2022 et vœux aux armées 2023
Écart entre promesse et réalisation
L'objectif de 2 % du PIB sera atteint en 2025, conformément aux engagements OTAN. La trajectoire 2027-2030 reste conditionnée aux arbitrages des futurs gouvernements.
Effets mesurés
Effets positifs
3Augmentation historique du budget de la Défense : de 43,9 milliards en 2023 à 47,2 milliards en 2024, première marche d'un parcours vers 69 milliards en 2030
Budget annuel de la Défense43.9 milliards d'euros (objectif 2030)69 milliards d'euros (objectif 2030)Fiabilité hauteMesure : 2024-01-01Ministère des Armées (Sébastien Lecornu, ministre) — La loi de programmation militaire 2024-2030 : les grandes orientations agent en rechercheDoublement prévu de la réserve opérationnelle, passant de 40 000 à 105 000 réservistes d'ici 2030, renforçant la profondeur stratégique des armées
Effectifs de la réserve opérationnelle40000 réservistes105000 réservistesFiabilité moyenneMesure : 2030-12-31Jean-Michel Jacques, rapporteur — Commission de la défense nationale et des forces armées, Assemblée nationale — Rapport fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées sur le projet de loi de programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (n° 1234 rectifié) agent en rechercheInvestissement massif dans les domaines de souveraineté : 4 000 cybercombattants supplémentaires, constellation Syracuse 4, et modernisation de la dissuasion nucléaire
Fiabilité hauteMesure : 2024-01-01Jean-Michel Jacques, rapporteur — Commission de la défense nationale et des forces armées, Assemblée nationale — Rapport fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées sur le projet de loi de programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (n° 1234 rectifié) agent en recherche
Effets négatifs
2Effort budgétaire fortement concentré sur 2027-2030 (« backloading ») : 52 % des crédits supplémentaires portent sur les trois dernières années, sans garantie d'exécution
Fiabilité hauteMesure : 2023-08-01Dominique de Legge, rapporteur pour avis, commission des finances du Sénat — Avis fait au nom de la commission des finances sur le projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (n° 730, 2022-2023) agent en rechercheLes 413 milliards incluent 13 milliards de recettes extrabudgétaires incertaines (cessions immobilières, exportations), fragilisant la trajectoire
Fiabilité hauteMesure : 2023-08-01Haut Conseil des finances publiques — Avis relatif au projet de loi de programmation militaire pour les années 2024 à 2030 agent en recherche
Effets de bord
2Tension sur les finances publiques : l'augmentation du budget militaire contraint les autres postes budgétaires dans un contexte de réduction du déficit
Fiabilité hauteMesure : 2024-01-01Haut Conseil des finances publiques — Avis relatif au projet de loi de programmation militaire pour les années 2024 à 2030 (avis HCFP n° 2023-2) agent en rechercheLa LPM a accéléré le développement d'une industrie de défense européenne en stimulant les coopérations industrielles et les exportations d'armement français. La hausse des commandes nationales renforce la compétitivité de Dassault, Naval Group, Thales, MBDA et Nexter sur les marchés d'exportation, la France devenant le deuxième exportateur mondial d'armement en 2023 derrière les États-Unis. Cependant, cette dynamique crée aussi une dépendance croissante de l'économie à l'industrie militaire et soulève des questions éthiques sur les ventes d'armes à des régimes controversés (Arabie saoudite, Égypte, Inde), contradictoires avec les engagements français en matière de droits de l'homme.
Fiabilité hauteMesure : 2024-06Stockholm International Peace Research Institute ; Ministère des armées — Trends in International Arms Transfers, 2024 (SIPRI Fact Sheet, mars 2025) + Rapport au Parlement 2024 sur les exportations d'armement de la France (remis le 9 septembre 2024) agent en recherche
Analyses contradictoires
Pour
La LPM 2024-2030 est une réponse indispensable au retour de la guerre de haute intensité en Europe, illustré par l'invasion russe de l'Ukraine. L'effort budgétaire de 413 milliards, le plus important depuis la fin de la guerre froide, permettra à la France de moderniser sa dissuasion nucléaire (garant ultime de la souveraineté), de reconstituer des stocks de munitions dangereusement bas, et de développer les capacités cyber et spatiales qui sont les champs de bataille du XXIe siècle. Le doublement de la réserve opérationnelle renforce la profondeur stratégique. La France reste la première puissance militaire de l'Union européenne et doit maintenir cette position pour peser dans la défense collective face à la menace russe.
Contre
La LPM reste un exercice d'affichage politique avec un « backloading » massif qui reporte 52 % des crédits supplémentaires sur les trois dernières années (2027-2030), sans aucune garantie que les futurs gouvernements respecteront cette trajectoire. Les 413 milliards incluent 13 milliards de recettes extrabudgétaires incertaines et seront largement absorbés par l'inflation défense (supérieure à l'inflation générale) et par la modernisation de la dissuasion nucléaire, évaluée à plus de 50 milliards sur la période. Les capacités conventionnelles dont les armées ont un besoin urgent — munitions, blindés, maintien en condition opérationnelle — resteront sous-dimensionnées face aux standards de l'OTAN. L'effort budgétaire, dans un contexte de dette publique à 112 % du PIB, contraint nécessairement les autres postes (éducation, santé, transition écologique).
Chaînage législatif
Modifie les réformes suivantes
Sources
- [1]
Loi n° 2023-703 du 1er août 2023 relative à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030
Source officielleBiais : institutionnel - [2]Source officielleBiais : institutionnelSecrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN)
Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources