SignificativeLoiÉconomie & Finances

Loi de séparation et de régulation des activités bancaires

Loi imposant aux banques de filialiser leurs activités spéculatives pour compte propre, jugée insuffisante par ses détracteurs.

Rattachement présidentiel : François Hollande
Gouvernement de rattachement : Jean-Marc Ayrault

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : François Hollande, président de la République, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie.

Moscovici présente la séparation bancaire comme la mise en œuvre de l’engagement de Hollande de séparer les activités spéculatives des activités utiles à l’économie. Le gouvernement définit le cantonnement et les modalités de régulation.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Partiellement tenue

Description

La loi du 26 juillet 2013 impose aux banques universelles françaises de séparer leurs activités de marché pour compte propre dans des filiales dédiées, capitalisées de manière autonome. Elle crée également le mécanisme de résolution bancaire et renforce les pouvoirs de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Cependant, le périmètre de la séparation est jugé très étroit par les critiques : seules les activités spéculatives « pures » pour compte propre sont concernées, soit moins de 1 % des activités des grandes banques françaises selon les estimations. Les activités de tenue de marché (market making), qui représentent l'essentiel des risques systémiques, restent dans la maison mère. La loi est adoptée à l'unanimité de la gauche mais dénoncée comme un texte de façade. Le discours de Hollande au Bourget (« Mon véritable adversaire, c'est le monde de la finance ») contraste avec la modestie du texte final, contribuant au sentiment de trahison d'une partie de l'électorat de gauche.

Contexte

La crise financière de 2008 a révélé les risques systémiques des banques universelles « too big to fail ». Les États-Unis ont adopté la règle Volcker (2010), le Royaume-Uni le rapport Vickers (2011). François Hollande avait fait de la régulation financière un marqueur de campagne avec son discours du Bourget.

Vote à l’Assemblée nationale

Scrutin n° 261 · 19 février 2013 · 14e législature

l'ensemble du projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires.

Adopté
315
Pour
161
Contre
63
Abstentions

539 votants · 2 non-votants

Répartition par groupe (top 5)

  • PO656002269 / 0 / 3
  • PO65600615 / 160 / 16
  • PO6560100 / 0 / 30
  • PO65602213 / 0 / 0
  • PO65601412 / 0 / 0

Pour / Contre / Abstention

Voir le scrutin nominatif sur assemblee-nationale.fr

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 4
  • Durée dépôt → promulgation : 219 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, accord
  • Accord en commission mixte paritaire
  • Dossier législatif (senat.fr)

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000027757479_28-07-2013
Publication au JORF
28 juillet 2013
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Séparation bancaire

juillet 2013

Promesse d'origine

« Engagement n° 7 : « Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l'investissement et à l'emploi, de leurs opérations spéculatives » »

Source : 60 engagements pour la France, François Hollande, 2012

Écart entre promesse et réalisation

La séparation est jugée très insuffisante : moins de 1 % des activités bancaires sont cantonnées. Les activités de marché restent massivement dans la maison mère.

Effets mesurés

Effets positifs

1
  • Création du mécanisme de résolution bancaire et renforcement des pouvoirs de l'ACPR

    Fiabilité hauteMesure : 2013-07-26ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) — Banque de France — Collège de résolution de l'ACPR — création par la loi n° 2013-672 du 26 juillet 2013 de séparation et de régulation des activités bancaires ; publication en 2014 de sa stratégie générale en matière de résolution agent en recherche

Effets négatifs

1

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

La loi française est la première en Europe à imposer une séparation des activités bancaires. Le mécanisme de résolution est une avancée réelle pour éviter le recours aux fonds publics en cas de faillite bancaire. Le modèle de banque universelle français a mieux résisté à la crise de 2008 que le modèle anglo-saxon, justifiant une approche mesurée.

analyse de la rédactionArgument formulé par nous, sans source tierce.

Contre

La loi est un texte cosmétique écrit sous la dictée du lobby bancaire. Moins de 1 % des activités sont filialisées, les banques conservent l'essentiel de leurs activités spéculatives. La France a raté l'occasion historique de réformer vraiment son système bancaire, contrairement aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Sources

Données disponibles (7/9)
Texte officielSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracée2+ sourcesChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources