Plan de stabilisation Giscard d'Estaing (12 septembre 1963)
Plan d'austérité pour juguler l'inflation par le gel des prix, l'encadrement du crédit et la rigueur budgétaire.
Initiative politique : présidentielle
Acteurs et rôles documentés : Charles de Gaulle (président de la République), Jacques Rueff (économiste conseillant de Gaulle), Georges Pompidou (Premier ministre), Valéry Giscard d’Estaing (ministre des Finances et des Affaires économiques).
Selon Chélini, de Gaulle, alerté par Rueff, envisage à la mi-août 1963 un nouveau plan de stabilisation et transmet cette orientation à Giscard par Pompidou. Giscard et le gouvernement préparent et lancent les mesures de septembre ; Giscard agit alors comme ministre.
- Michel-Pierre Chélini, « Le plan de stabilisation Pinay-Rueff, 1958 », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 2001/4, p.102–123
Paraphrase : alerté par Rueff, de Gaulle envisage le plan-rappel de 1963 et en saisit Giscard par l’intermédiaire de Pompidou.
Attribution revue le 2026-10-12.
Description
Face à la surchauffe économique et à une inflation menaçante dépassant 5 % en rythme annuel, le ministre des Finances Valéry Giscard d'Estaing met en œuvre un plan de stabilisation rigoureux le 12 septembre 1963. Ce plan comprend un blocage temporaire des prix industriels et de certains services, un encadrement strict du crédit bancaire, une réduction des dépenses publiques, un report de certains investissements et une hausse de la fiscalité sur les bénéfices des sociétés. Le plan prévoit également un contrôle renforcé des prix agricoles et un gel partiel des salaires dans la fonction publique. Ces mesures, impopulaires, provoquent un ralentissement temporaire de la croissance mais réussissent à ramener l'inflation sous contrôle. Le plan de stabilisation illustre la priorité donnée par de Gaulle à la solidité du franc et à la stabilité monétaire, condition jugée indispensable à l'indépendance nationale.
Contexte
L'économie française est en surchauffe après plusieurs années de forte croissance. L'inflation menace la compétitivité et la stabilité du franc. De Gaulle exige la défense de la monnaie comme symbole de l'indépendance nationale. Les partenaires européens s'inquiètent des déséquilibres français.
Chaîne d'impact
Réforme
Plan de stabilisation
septembre 1963
Promesse d'origine
« De Gaulle a constamment affirmé la nécessité d'un franc fort et stable comme fondement de la souveraineté nationale. »
Source : Discours présidentiels, conférences de presse 1962-1963
Écart entre promesse et réalisation
Le plan de stabilisation est cohérent avec la doctrine gaullienne de monnaie forte, même au prix d'un ralentissement temporaire.
Effets mesurés
Effets positifs
1Retour de l'inflation sous les 3 % dès 1965 et renforcement de la crédibilité du franc
Taux d'inflation5.2 %2.7 %
Effets négatifs
1Ralentissement temporaire de la croissance et hausse du chômage en 1964-1965
Fiabilité hauteMesure : 1965-06-30INSEE — Introduction (Rapport sur les comptes de la nation, année 1964)
Effets de bord
1Mécontentement social et syndical contribuant à l'érosion électorale de de Gaulle en 1965
Fiabilité moyenneMesure : 1965-12-19François Goguel — L'élection présidentielle française de décembre 1965
Analyses contradictoires
Pour
Le plan de stabilisation a sauvé le franc d'une spirale inflationniste et a posé les bases d'une croissance saine et durable pour les années suivantes. [Données factuelles : Retour de l'inflation sous les 3 % dès 1965 et renforcement de la crédibilité du franc : 5.2 → 2.7 %.]
Contre
Le plan a été excessivement restrictif, cassant inutilement la dynamique de croissance et pénalisant les salariés et les petites entreprises au profit d'une orthodoxie monétaire rigide.
Sources
- [1]
Valéry Giscard d'Estaing — Le Pouvoir et la vie — Compagnie 12, 1988-2006, 401 p. · ISBN 978-2-903866-28-0 référence bibliographique
Source académiqueValéry Giscard d'Estaing
Source de vérification : Vie-publique.fr
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources