MajeureLoiÉconomie & FinancesAbrogée

Contribution exceptionnelle de solidarité sur les très hauts revenus (« taxe à 75 % »)

Contribution exceptionnelle de 75 % sur les revenus d'activité supérieurs à 1 million d'euros, payée par les entreprises après censure de la version initiale.

Rattachement présidentiel : François Hollande
Gouvernement de rattachement : Jean-Marc Ayrault

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : François Hollande, président de la République, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie, Bernard Cazeneuve, ministre délégué au Budget.

Après la censure du premier dispositif, Hollande décide en mars 2013 de faire supporter la contribution à 75 % aux entreprises qui versent les rémunérations élevées. Le texte de finances réalise cette nouvelle formule.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Partiellement tenue

Description

La « taxe à 75 % » est l'une des mesures les plus emblématiques et controversées de la campagne de François Hollande. Annoncée lors de l'émission « Des paroles et des actes » en février 2012, elle prévoyait initialement une imposition à 75 % des revenus supérieurs à 1 million d'euros. Une première version, inscrite dans le projet de loi de finances 2013, est censurée par le Conseil constitutionnel le 29 décembre 2012 pour rupture d'égalité (l'impôt portait sur le revenu individuel et non du foyer). La mesure est reformulée : la loi de finances pour 2014 (29 décembre 2013) crée une « contribution exceptionnelle de solidarité » de 50 %, acquittée par les entreprises (et non les individus) sur les rémunérations individuelles supérieures à 1 million d'euros, s'ajoutant aux charges sociales pour atteindre un taux effectif marginal proche de 75 %. Le dispositif est limité à 2013 et 2014. Son rendement est modeste (260 millions d'euros en 2013, 160 millions en 2014) mais son impact symbolique et réputationnel est considérable, provoquant l'exil fiscal de contribuables célèbres (Gérard Depardieu, Bernard Arnault) et ternissant l'image économique de la France.

Contexte

La France traverse une crise des finances publiques avec un déficit supérieur à 4 % du PIB. Le discours sur la justice fiscale est au cœur de la campagne 2012. La mesure s'inscrit dans un contexte européen d'austérité et de recherche de recettes fiscales.

Vote à l’Assemblée nationale

Scrutin n° 698 · 19 novembre 2013 · 14e législature

l'ensemble du projet de loi de finances pour 2014.

Adopté
320
Pour
242
Contre
6
Abstentions

568 votants · 1 non-votants

Répartition par groupe (top 5)

  • PO656002287 / 0 / 0
  • PO6560062 / 194 / 0
  • PO6560100 / 27 / 3
  • PO65601414 / 0 / 2
  • PO65602215 / 0 / 0

Pour / Contre / Abstention

Voir le scrutin nominatif sur assemblee-nationale.fr

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 4
  • Durée dépôt → promulgation : 95 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, échec
  • CMP en échec — l'Assemblée a statué en dernier
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 députés

29 décembre 2013Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000028402464_10-08-2014
Publication au JORF
01 janvier 2014
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Taxe à 75 %

décembre 2013

Promesse d'origine

« « Au-dessus d'un million d'euros, le taux d'imposition sera de 75 % » — François Hollande, février 2012 »

Source : Émission « Des paroles et des actes », France 2, 27 février 2012

Écart entre promesse et réalisation

La version initiale (sur les individus) a été censurée par le Conseil constitutionnel. La version finale (sur les entreprises) est temporaire et de rendement très modeste.

Effets mesurés

Effets positifs

1

Effets négatifs

2

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

Dans un contexte de crise et de hausse des inégalités, il est légitime de demander un effort supplémentaire aux très hauts revenus. La contribution exceptionnelle est un signal de justice fiscale nécessaire pour maintenir le consentement à l'impôt et financer la solidarité nationale.

Contre

La taxe à 75 % est une mesure idéologique dont le rendement fiscal est dérisoire mais le coût économique considérable. Elle provoque des délocalisations de cadres et d'entrepreneurs, détériore l'attractivité de la France et envoie un signal désastreux aux investisseurs internationaux. La courbe de Laffer montre qu'au-delà d'un certain taux, le rendement fiscal diminue.

MédiaPosition de IFRAP, exposée dans « Imposition à 75 % des riches : Hollande en mode confiscatoire » agent en recherche(droite)

Chaînage législatif

Cette réforme a été abrogée par : expiration-contribution-exceptionnelle-2015 (fiche non identifiée)

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources