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Contrat nouvelles embauches (CNE)

Contrat à durée indéterminée avec période de consolidation de deux ans pendant laquelle le licenciement est facilité, destiné aux entreprises d’au plus 20 salariés.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Dominique de Villepin

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Dominique de Villepin, Premier ministre.

Villepin inscrit un nouveau contrat dans son discours de politique générale de juin 2005 puis instaure le CNE pendant l’été.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

L'ordonnance n° 2005-893 du 2 août 2005 institue le contrat nouvelles embauches (CNE), contrat de travail à durée indéterminée réservé aux entreprises d’au plus 20 salariés. Sa caractéristique principale est une « période de consolidation » de deux ans pendant laquelle l'employeur peut rompre le contrat sans avoir à motiver sa décision ni à respecter la procédure classique de licenciement, en échange d'une indemnité forfaitaire de 8 % des salaires versés. Des obligations spécifiques de notification, de préavis et d’indemnisation encadrent cette rupture ; le préavis atteint un mois au-delà de six mois d’ancienneté. Dominique de Villepin présente le CNE comme un outil de lutte contre le chômage par la flexibilité : en réduisant le risque juridique du licenciement, il encourage les petites entreprises à embaucher. Au total, environ 460 000 CNE ont été signés entre août 2005 et juin 2008. Cependant, des études montrent qu'environ 70 % de ces contrats se substituaient à des CDD ou CDI classiques sans créer d'emplois nets. La loi du 25 juin 2008 requalifie les CNE en cours en CDI de droit commun. Dans un arrêt du 1er juillet 2008 relatif à un litige antérieur, la Cour de cassation juge le régime dérogatoire du CNE incompatible avec la convention n°158 de l’OIT, qui exige notamment un motif valable de licenciement.

Contexte

Le taux de chômage en France atteint 9,8 % en 2005. Dominique de Villepin, nommé Premier ministre après le choc du référendum du 29 mai, fait de la « bataille pour l'emploi » sa priorité absolue. Il veut agir vite, par ordonnances, sans passer par le débat parlementaire classique. Les PME représentent 60 % de l'emploi salarié mais hésitent à embaucher en CDI en raison de la complexité du droit du travail et du coût des licenciements.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006052111_22-12-2007
Publication au JORF
03 août 2005
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

CNE

août 2005

Chaînage législatif

2008abrogation

La loi de modernisation du marché du travail du 25 juin 2008 transforme tous les CNE existants en CDI de droit commun.

→ (fiche non identifiée)

Effets mesurés

Effets positifs

1

Effets négatifs

3
  • Effet de substitution massif : 70 % des CNE remplacent des contrats existants (CDD, CDI) sans création nette d'emplois, selon la DARES

  • Arrêt du 1er juillet 2008 : le régime dérogatoire de rupture du CNE est jugé incompatible avec la convention n°158 de l’OIT dans un litige antérieur à sa suppression législative

    Fiabilité hauteMesure : 2008-07-01Cour de cassation — Cour de cassation, chambre sociale, 1er juillet 2008, pourvoi n° 06-44.437 (et pourvois connexes 07-40.053, 07-40.054, 07-44.124), Publié au bulletin agent en recherche
  • Précarisation des salariés en CNE : taux de rupture de 40 % dans les six premiers mois, créant une insécurité de l'emploi supérieure au CDD

Effets de bord

1
  • Le CNE a servi de prototype au CPE (contrat première embauche) étendu aux moins de 26 ans, dont l'échec retentissant a constitué la plus grande crise sociale du quinquennat Chirac

    Fiabilité hauteMesure : 2006-03-31Le Parisien — Le contrat première embauche arrive

Analyses contradictoires

Pour

Le CNE lève le frein psychologique à l'embauche dans les PME. En permettant un licenciement simplifié pendant deux ans, il donne aux petits patrons la confiance nécessaire pour recruter. C'est une réponse pragmatique au chômage de masse, inspirée des modèles de flexisécurité nordiques. [Données factuelles : 460 000 CNE signés entre août 2005 et juin 2008, offrant un accès au CDI à des salariés qui auraient autrement été en CDD ou intérim : 0 → 460000 contrats.]

Contre

Le CNE crée un sous-CDI sans protection ni motif de licenciement, en violation du droit international du travail. Il n'a pas créé d'emplois supplémentaires mais a simplement remplacé des contrats existants par un contrat plus précaire. C'est la précarisation du CDI déguisée en politique de l'emploi.

MédiaPosition de CGT, exposée dans « La non-conventionnalité du contrat « nouvelles embauches » » agent en recherche(gauche)

Chaînage législatif

Modifiée par

  • abrogation
    ref-sarkozy-modernisation-marche-travail-2008 (fiche non identifiée)

    La loi de modernisation du marché du travail du 25 juin 2008 transforme tous les CNE existants en CDI de droit commun.

Cette réforme a été abrogée par : ref-sarkozy-modernisation-marche-travail-2008 (fiche non identifiée)

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources