StructuranteLoiÉconomie & Finances

Création de la contribution sociale généralisée (CSG)

Création d'un impôt à assiette large sur tous les revenus pour financer la protection sociale, alternative aux cotisations.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Michel Rocard

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Michel Rocard (Premier ministre).

Les témoignages parlementaires attribuent à Rocard la conception et la proposition de la CSG. Le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires situe la réforme dans le projet de finances pour 1991.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

La loi de finances pour 1991 crée la contribution sociale généralisée (CSG), impôt proportionnel de 1,1 % assis sur l'ensemble des revenus d'activité, de remplacement et du patrimoine. Portée par Michel Rocard et son ministre du Budget Michel Charasse, la CSG répond à un diagnostic partagé : le financement de la protection sociale par les seules cotisations sur les salaires pèse sur le coût du travail et crée des inégalités entre revenus du travail et revenus du capital. La CSG élargit l'assiette de financement à tous les types de revenus, y compris les revenus financiers et fonciers. Son produit (18 milliards de francs la première année) est affecté à la Caisse nationale des allocations familiales. La CSG est un prélèvement fiscal et non une cotisation sociale, ce qui signifie qu'elle n'ouvre pas de droits. Violemment combattue à sa création par l'opposition (RPR et UDF) et par une partie de la gauche, la CSG sera pourtant augmentée par tous les gouvernements successifs, passant de 1,1 % à 9,2 % en 2018. Elle est devenue le premier impôt français devant l'impôt sur le revenu, rapportant plus de 130 milliards d'euros en 2023.

Contexte

Le financement de la protection sociale par les cotisations sociales est en crise : le chômage réduit la base de cotisants, le coût du travail français est supérieur à celui des concurrents, et les revenus du capital échappent largement au financement de la Sécurité sociale. Le « trou de la Sécu » est un sujet politique récurrent.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 5
  • Durée dépôt → promulgation : 88 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, accord
  • Accord en commission mixte paritaire
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 députés · 60 sénateurs

28 décembre 1990Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006076956_31-12-2003
Publication au JORF
30 décembre 1990
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Création CSG

décembre 1990

Chaînage législatif

1996modification

Le plan Juppé augmente la CSG de 1,1 % à 3,4 % et crée la CRDS, élargissant le financement fiscal de la Sécurité sociale.

→
1997augmentation

La CSG est portée à 7,5 % sur les revenus d'activité, avec substitution partielle aux cotisations maladie.

→ (fiche non identifiée)
2018augmentation

Hausse de la CSG de 1,7 point (à 9,2 % sur les revenus d'activité), compensée par la suppression des cotisations maladie et chômage salariales.

→ (fiche non identifiée)

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

2

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

La CSG est la révolution fiscale la plus importante depuis la création de l'impôt sur le revenu en 1914. En faisant contribuer tous les revenus — salaires, pensions, revenus du capital, placements financiers — au financement de la protection sociale, elle corrige l'injustice d'un système fondé sur les seules cotisations salariales. Passée de 1,1 % à 9,2 % en 2018, elle rapporte plus de 130 milliards d'euros, soit davantage que l'impôt sur le revenu. Elle a permis de baisser les cotisations patronales et salariales, améliorant la compétitivité-coût du travail français. L'intuition de Rocard a été validée par l'histoire.

MédiaMichel Rocard, Georges-Marc Benamou — Si la gauche savait : entretiens avec Georges-Marc Benamou — Robert Laffont, 2005, 372 p. · ISBN 978-2-221-10435-4 référence bibliographique(centre-gauche)

Contre

La CSG est un impôt supplémentaire qui n'a pas remplacé les cotisations existantes mais s'y est ajouté, alourdissant la pression fiscale globale de la France à des niveaux records parmi les pays de l'OCDE. Son caractère proportionnel est fondamentalement injuste : un salarié au SMIC paie le même taux qu'un millionnaire, ce qui est régressif. La CSG a ouvert la voie à des hausses continues et silencieuses de prélèvements — de 1,1 % à 9,2 % en 27 ans — sans jamais être soumise au consentement démocratique direct. Elle constitue un impôt « indolore » qui masque le véritable niveau de pression fiscale.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • modification
    Plan Juppé Sécu

    Le plan Juppé augmente la CSG de 1,1 % à 3,4 % et crée la CRDS, élargissant le financement fiscal de la Sécurité sociale.

  • augmentation
    hausse-csg-juppe-1997 (fiche non identifiée)

    La CSG est portée à 7,5 % sur les revenus d'activité, avec substitution partielle aux cotisations maladie.

  • augmentation
    hausse-csg-macron-2018 (fiche non identifiée)

    Hausse de la CSG de 1,7 point (à 9,2 % sur les revenus d'activité), compensée par la suppression des cotisations maladie et chômage salariales.

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officielSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif2+ sources

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources