MajeureDécretÉconomie & Finances

Défense du franc lors de la crise du Système monétaire européen

Défense réussie mais coûteuse du franc face aux attaques spéculatives lors de la crise du SME de septembre 1992.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Pierre Bérégovoy

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

Le 16 septembre 1992 — le « mercredi noir » — la livre sterling et la lire italienne sont contraintes de quitter le mécanisme de change européen sous la pression des marchés. George Soros et les fonds spéculatifs attaquent massivement les monnaies européennes considérées comme surévaluées. Le franc français subit à son tour des attaques violentes. Pierre Bérégovoy, en coordination avec la Banque de France dirigée par Jacques de Larosière, mène une défense acharnée de la parité franc-mark. La Banque de France mobilise ses réserves de change et relève ses taux d'intervention. La Bundesbank, après des hésitations, apporte un soutien au franc. Le franc survit à la crise de septembre, mais reste sous pression jusqu'à l'été 1993, quand les bandes de fluctuation du SME seront élargies à ±15 % (après le départ de Bérégovoy). Le coût de cette défense est considérable : des taux d'intérêt réels très élevés qui étranglent l'économie française et aggravent la récession. Bérégovoy considère la défense du franc comme une question de souveraineté nationale et de crédibilité du projet de monnaie unique.

Contexte

Le SME, créé en 1979, lie les monnaies européennes dans des bandes de fluctuation étroites (±2,25 %). La réunification allemande provoque une hausse des taux de la Bundesbank, mettant sous pression les autres monnaies. Les marchés testent la volonté politique des gouvernements de maintenir leurs parités. Le référendum de Maastricht accentue l'incertitude.

Chaîne d'impact

Réforme

Crise du SME et défense du franc

septembre 1992

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

2

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

La défense du franc est un acte de souveraineté qui préserve la crédibilité de la France. Dévaluer le franc aurait signifié l'abandon du projet européen et l'acceptation d'une déclassification. La stabilité monétaire est un bien public qui protège l'épargne des Français et prépare la monnaie unique.

Contre

Défendre le franc à tout prix en pleine récession est une folie économique. Les taux d'intérêt prohibitifs nécessaires pour maintenir la parité franc-mark détruisent des emplois et des entreprises. Le Royaume-Uni, qui a dévalué, s'en sort mieux. La France sacrifie sa croissance pour un dogme monétaire européiste. [Données factuelles : Taux d'intérêt à court terme portés jusqu'à 13-14 % pour défendre le franc, asphyxiant le crédit et l'investissement des entreprises : 10 → 13.5 % annuel.]

MédiaEmmanuel Todd — L'Illusion économique : essai sur la stagnation des sociétés développées — Gallimard, 1998, 321 p. · ISBN 2-07-074885-5 référence bibliographique(gauche)

Sources

Données disponibles (7/9)
2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeTexte officielChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources