Participation de la France à la guerre du Golfe
Engagement militaire français dans la coalition internationale contre l'Irak après l'invasion du Koweït, opération Daguet.
Initiative politique : présidentielle
Acteurs et rôles documentés : François Mitterrand, président de la République le 15 septembre 1990 : décide l’engagement initial des forces françaises, Armées françaises : déploiement et préparation opérationnelle de Daguet.
Le rapport parlementaire attribue expressément à Mitterrand la décision du 15 septembre 1990 d’engager les forces françaises dans Bouclier du désert. Le classement porte sur ce lancement daté dans la fiche ; la préparation militaire et les phases de combat ultérieures sont des étapes distinctes.
- Assemblée nationale, rapport d’information n° 3055, tome I, guerre du Golfe, 15 mai 2001
Paraphrase : le président décide le 15 septembre 1990 que les armées françaises participeront à Bouclier du désert, avec déploiement Daguet.
Attribution revue le 2026-10-12.
Description
Après l'invasion du Koweït par l'Irak de Saddam Hussein le 2 août 1990, la France s'engage dans la coalition internationale menée par les États-Unis sous mandat de l'ONU (résolution 678). L'opération Daguet déploie 18 000 militaires français, des avions Jaguar et Mirage, des navires et la division Daguet (6e division légère blindée). La France participe à l'offensive terrestre du 24-28 février 1991 (opération Tempête du désert). Mitterrand, président et chef des armées, mène une diplomatie active tentant jusqu'au bout une solution pacifique (initiatives diplomatiques de janvier 1991) avant de rejoindre la coalition. La participation française est approuvée par une large majorité à l'Assemblée nationale le 16 janvier 1991. Les pertes françaises sont limitées (2 morts au combat). L'engagement français dans la guerre du Golfe marque le retour de la France dans une opération militaire majeure aux côtés des États-Unis, rompant avec la doctrine gaulliste d'indépendance nationale. Il renforce le rang de la France au Conseil de sécurité de l'ONU.
Contexte
L'Irak de Saddam Hussein envahit le Koweït le 2 août 1990. Le Conseil de sécurité de l'ONU vote une série de résolutions exigeant le retrait irakien, puis autorisant le recours à la force (résolution 678, novembre 1990). La France a des intérêts stratégiques au Moyen-Orient et des liens historiques avec l'Irak (vente d'armes, coopération nucléaire).
Chaîne d'impact
Réforme
Guerre du Golfe
septembre 1990
Effets mesurés
Effets positifs
2Affirmation du rang de la France comme puissance militaire mondiale et membre permanent du Conseil de sécurité
Démonstration de l'efficacité des forces armées françaises et de leur capacité de projection en opérations extérieures
Fiabilité hauteMesure : 1991-03-01Ministère des Armées — Armée de terre / Chemins de mémoire — Fiche Daguet — opération Daguet, 1991
Effets négatifs
2Rupture avec la tradition gaulliste d'indépendance militaire : la France combat sous commandement américain de facto
Fiabilité hauteMesure : 1991-02-28Jean-Pierre Chevènement, lettre de démission du poste de ministre de la Défense, 29 janvier 1991 agent en rechercheDémission de Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense, opposé à la guerre et à l'alignement sur les États-Unis
Fiabilité hauteMesure : 1991-01-29Le Monde — Les conséquences de la guerre du Golfe. M. Mitterrand a accepté la démission de M. Chevènement
Effets de bord
1L'expérience du Golfe accélère la professionnalisation des armées françaises et la réforme de la politique de défense, aboutissant à la suspension du service militaire en 1996
Fiabilité hauteMesure : 1996-02-22Livre blanc sur la défense 1994 — La Documentation française, 1994, 212 p. p. · ISBN 2-11-003135-2 · notice référence bibliographique
Analyses contradictoires
Pour
La participation française à la guerre du Golfe était un impératif de droit international : l'annexion du Koweït ne pouvait rester impunie. La France a agi sous mandat de l'ONU et a défendu les principes fondamentaux du droit international. Son engagement a renforcé son poids diplomatique.
Contre
La France a suivi les États-Unis dans une guerre motivée davantage par le contrôle du pétrole que par le droit international. Chevènement avait raison : cette guerre a trahi l'indépendance diplomatique de la France et a déstabilisé durablement le Moyen-Orient.
Sources
Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources