Intervention militaire en Côte d'Ivoire — Opération Licorne (crise post-électorale)
Engagement des forces françaises pour neutraliser les armes lourdes de Laurent Gbagbo, permettant l'installation d'Alassane Ouattara, président élu.
Initiative politique : présidentielle
Acteurs et rôles documentés : Nicolas Sarkozy — président de la République, autorisation des opérations françaises, Ban Ki-moon — secrétaire général de l’ONU, demande de soutien, ONUCI et forces françaises — conduite des opérations.
Dans sa réponse du 4 avril 2011 à Ban Ki-moon, Sarkozy confirme avoir autorisé les forces françaises à neutraliser les armes lourdes conformément au mandat de l’ONU. La demande onusienne est distinguée de la décision française, qui correspond à l’événement précis de la fiche.
- Élysée, lettre Sarkozy à Ban Ki-moon, 4 avril 2011
j'ai donné l'autorisation aux forces françaises
Attribution revue le 2026-10-12.
Description
Le 4 avril 2011, les forces françaises de l'opération Licorne, stationnées en Côte d'Ivoire depuis 2002, interviennent directement dans la crise post-électorale qui déchire le pays depuis le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara à l'élection présidentielle de novembre 2010. Agissant sous mandat de la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l'ONU et en soutien à l'ONUCI, les forces françaises détruisent les armes lourdes du camp Gbagbo (blindés, lance-roquettes multiples, mortiers) qui menacent les populations civiles et les positions de l'ONU. L'intervention française, combinée à l'avancée des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) fidèles à Ouattara, permet l'arrestation de Gbagbo le 11 avril 2011. L'opération, qui mobilise environ 1 700 soldats français et des hélicoptères d'attaque, dure une semaine. Elle est critiquée par les partisans de Gbagbo comme une ingérence néocoloniale, tandis que la communauté internationale salue le rétablissement de l'ordre constitutionnel.
Contexte
La Côte d'Ivoire est en crise depuis 2002. L'élection de 2010, censée clore cette crise, débouche sur un bras de fer entre Gbagbo et Ouattara. Les violences s'intensifient (massacre de Duékoué). La France à 14 000 ressortissants en Côte d'Ivoire et une base militaire à Port-Bouët. L'intervention s'inscrit dans le cadre d'accords de défense et du mandat onusien.
Chaîne d'impact
Réforme
Intervention en Côte d'Ivoire
avril 2011
Effets mesurés
Effets positifs
2Rétablissement de l'ordre constitutionnel : Alassane Ouattara, reconnu vainqueur par l'ONU, peut exercer ses fonctions de président
Fiabilité hauteMesure : 2011-05-06Conseil de sécurité de l'ONU — Résolution 1975 (2011) adoptée par le Conseil de sécurité le 30 mars 2011 agent en rechercheProtection des civils et des ressortissants français dans un contexte de violences généralisées
Effets négatifs
1Perception d'ingérence néocoloniale française en Afrique, alimentant le sentiment anti-français dans plusieurs pays du continent
Fiabilité moyenneMesure : 2011-06-01En France, il y a débat sur l'intervention française en Côte d'Ivoire agent en recherche
Effets de bord
1Le précédent ivoirien renforce la doctrine d'intervention française en Afrique, qui sera mobilisée au Mali (2013) et en Centrafrique (2013), avant d'être remise en cause dans les années 2020
Fiabilité moyenneMesure : 2013-01-11Tobias Koepf, revue Politique étrangère (Ifri) — Interventions françaises en Afrique : la fin de l'européanisation ? agent en recherche
Analyses contradictoires
Pour
La France a agi dans le cadre strict du mandat de l'ONU pour protéger les civils et faire respecter le résultat des urnes. L'intervention a mis fin à une crise qui menaçait de dégénérer en guerre civile totale et a rétabli la démocratie.
Contre
L'intervention française s'apparente à un choix de camp déguisé en opération humanitaire. La France a pris parti pour Ouattara pour des raisons économiques et géostratégiques, perpétuant la logique de la Françafrique qu'elle prétend avoir abandonnée.
Sources
- [1]Source officielleBiais : institutionnelConseil de sécurité des Nations unies
Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources