MajeureLoiEmploi & Travail

Loi quinquennale relative au travail, à l'emploi et à la formation professionnelle

Loi-cadre pluriannuelle pour l'emploi introduisant l'annualisation du temps de travail, les exonérations de charges et la réforme de la formation professionnelle.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Édouard Balladur

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Édouard Balladur, Premier ministre (1993–1995), Michel Giraud, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle (1993–1995), Jean Mattéoli, président du Conseil économique et social et de la commission sur les obstacles structurels à l’emploi (1993).

Balladur commande à Mattéoli une étude sur les obstacles structurels à l’emploi afin de préparer la réforme. Le rapport d’étape de juillet 1993 nourrit la loi quinquennale portée par Giraud ; d’autres études et la consultation du Conseil économique et social contribuent à l’élaboration du projet.

Attribution revue le 2026-10-12.

Cohabitation — gouvernement Édouard Balladur. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi n° 93-1313 du 20 décembre 1993, dite loi quinquennale pour l'emploi, est une loi-cadre ambitieuse portée par le ministre du Travail Michel Giraud. Elle comporte plusieurs innovations majeures : l'annualisation du temps de travail par accord de branche (autorisant la modulation des horaires sur l'année), des exonérations de cotisations patronales pour les bas salaires (jusqu'à 1,2 SMIC), le développement de l'apprentissage et de l'alternance, la réforme de la formation professionnelle continue, et la possibilité de négocier un temps partiel annualisé. La loi encourage la flexibilité du marché du travail tout en cherchant à abaisser le coût du travail peu qualifié. Les exonérations de charges sur les bas salaires inaugurent une politique qui sera poursuivie et amplifiée par tous les gouvernements successifs (ristourne Juppé, puis allègements Fillon). L'annualisation du temps de travail constitue un assouplissement significatif du droit du travail, facilitant l'adaptation des entreprises aux variations de leur activité.

Contexte

Le chômage atteint un record historique de 11,7 % en 1993, soit plus de 3 millions de demandeurs d'emploi. La France est en récession. Le coût du travail peu qualifié est identifié comme un frein à l'embauche par les économistes. Le débat sur la flexibilité du marché du travail est intense entre patronat (demandant plus de souplesse) et syndicats (craignant la précarisation).

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 97 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, accord
  • Accord en commission mixte paritaire
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 sénateurs

16 décembre 1993Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006069144_14-06-1998
Publication au JORF
21 décembre 1993
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi quinquennale emploi

décembre 1993

Chaînage législatif

1995extension

La « ristourne Juppé » étend et pérennise les exonérations de charges sur les bas salaires

→ (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« Mettre en œuvre un programme quinquennal pour l'emploi et alléger le coût du travail »

Source : Déclaration de politique générale d'Édouard Balladur, avril 1993

Écart entre promesse et réalisation

La loi est fidèle aux engagements de la déclaration de politique générale.

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Les exonérations de charges sur les bas salaires auraient créé ou préservé des emplois sur la période 1994-2000 selon les estimations, avec des fourchettes variant considérablement selon les études

    Emplois créés/préservés par les exonérations
    Fiabilité moyenneMesure : 2000-01-01DARES — Les allègements de cotisations sociales patronales sur les bas salaires en France de 1993 à 2009 agent en recherche
  • Développement de l'apprentissage avec une hausse de 15 % du nombre de contrats d'apprentissage en 1994-1995

Effets négatifs

2

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

Face au chômage de masse, il faut baisser le coût du travail peu qualifié et donner aux entreprises la souplesse nécessaire pour embaucher. Les exonérations de charges et l'annualisation sont des outils pragmatiques ayant fait la preuve de leur efficacité pour créer de l'emploi.

Contre

Les exonérations de charges subventionnent les bas salaires et créent une trappe à pauvreté laborieuse. L'annualisation désorganise la vie des salariés sans contrepartie. Ces mesures traitent le symptôme (le coût du travail) et non la cause du chômage (insuffisance de la demande et politiques monétaires restrictives).

Chaînage législatif

Modifiée par

  • extension
    ref-juppe1-ristourne-charges-1995 (fiche non identifiée)

    La « ristourne Juppé » étend et pérennise les exonérations de charges sur les bas salaires

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources