StructuranteLoiLogement & Urbanisme

Loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU)

Objectif initial de 20 % de logements sociaux pour les communes entrant dans le champ de l'article 55, refonte de l'urbanisme, suppression du POS au profit du PLU.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Lionel Jospin

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Lionel Jospin, Premier ministre, Jean-Claude Gayssot, ministre de l’Équipement, Louis Besson, secrétaire d’État au Logement, Claude Bartolone, ministre délégué à la Ville.

Le gouvernement décide une refonte de l’urbanisme. Gayssot précise que le projet SRU a été élaboré avec Besson après six mois de débats dans six villes.

Attribution revue le 2026-10-12.

Cohabitation — gouvernement Lionel Jospin. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU), portée par Jean-Claude Gayssot (ministre de l'Équipement, PCF) et Louis Besson (secrétaire d'État au Logement), constitue une réforme majeure de la politique du logement et de l'urbanisme. Dans sa rédaction initiale, l'article 55 impose un objectif de 20 % de logements sociaux parmi les résidences principales aux communes d'au moins 3 500 habitants, ou 1 500 en Île-de-France, appartenant à une agglomération de plus de 50 000 habitants comprenant une commune d'au moins 15 000 habitants. Des exemptions sont prévues, notamment selon le déclin démographique ou l'inconstructibilité du territoire. Les communes en dessous de ce seuil doivent payer une contribution de solidarité et s'engager dans un programme triennal de rattrapage.

Contexte

La ségrégation socio-spatiale s'est aggravée dans les années 1990 : les communes riches refusent le logement social tandis que les quartiers populaires concentrent les difficultés. La France manque structurellement de logements sociaux (3 millions de demandeurs). Les plans d'occupation des sols, créés en 1967, sont jugés obsolètes et insuffisamment participatifs. La coalition gauche plurielle, avec le PCF, pousse à une politique du logement volontariste.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 4
  • Durée dépôt → promulgation : 314 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, échec
  • CMP en échec — l'Assemblée a statué en dernier
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

7 décembre 2000Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000005630252_12-12-2001
Publication au JORF
14 décembre 2000
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi SRU

décembre 2000

Chaînage législatif

2013renforcement

La loi du 18 janvier 2013 relève à 25 % le seuil de logements sociaux dans les territoires concernés, avec maintien de 20 % dans certains cas et renforce les pénalités pour les communes récalcitrantes.

→ (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« Imposer la mixité sociale dans le logement et lutter contre les ghettos »

Source : Programme de la gauche plurielle, 1997 ; accord PS-PCF

Écart entre promesse et réalisation

Promesse tenue dans l'esprit. Le seuil de 20 % est un compromis ambitieux, même si son application effective reste très progressive (seules 30 % des communes en infraction atteignent leurs objectifs triennaux).

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

2

Effets de bord

2
  • Le seuil est relevé à 25 % par la loi du 18 janvier 2013 pour les territoires concernés, avec maintien de 20 % dans certains cas, signe que le dispositif initial était insuffisant pour atteindre la mixité sociale

    Fiabilité hauteMesure : 2013-01-18LOI n° 2013-61 du 18 janvier 2013 relative à la mobilisation du foncier public en faveur du logement et au renforcement des obligations de production de logement social agent en recherche
  • De nombreuses communes aisées ont préféré payer les pénalités financières plutôt que de construire des logements sociaux, révélant les limites d'un mécanisme coercitif fondé sur des amendes trop faibles. En 2020, plus de 1 100 communes restaient en dessous du seuil légal, et certaines des plus riches (Neuilly-sur-Seine, Saint-Tropez, Le Touquet) assumaient publiquement leur refus de construire du logement social. Cette résistance a transformé l'article 55 SRU en symbole de la fracture territoriale française entre communes privilégiées et communes accueillant l'essentiel de l'effort de mixité sociale.

Analyses contradictoires

Pour

La loi SRU est une conquête sociale essentielle qui impose enfin la solidarité territoriale en matière de logement. L'article 55 oblige les communes riches à assumer leur part de l'effort de logement social, luttant contre le séparatisme territorial. Sans cette loi, la ségrégation socio-spatiale aurait continué à s'aggraver de manière incontrôlée.

Think tankFondation Abbé Pierre — État du mal-logement en France, rapport annuel 2005 document non retrouvé(gauche)

Contre

L'article 55 est une atteinte à la libre administration des communes, imposée par le pouvoir central en contradiction avec la décentralisation. Il ne tient pas compte des contraintes foncières locales (zones montagneuses, espaces naturels protégés, taille du parc existant). La mixité sociale ne se décrète pas par la loi : elle se construit par le développement économique, les transports et l'éducation.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • renforcement
    ref-hollande-duflot-sru (fiche non identifiée)

    La loi du 18 janvier 2013 relève à 25 % le seuil de logements sociaux dans les territoires concernés, avec maintien de 20 % dans certains cas et renforce les pénalités pour les communes récalcitrantes.

Sources

Données disponibles (8/9)
2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatifTexte officiel

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources