MajeureDécretÉconomie & Finances

Politique de stabilisation monétaire et refus de dévaluer le franc

De Gaulle refuse la dévaluation du franc malgré la crise monétaire post-Mai 68, imposant un plan d'austérité.

Rattachement présidentiel : Charles de Gaulle
Gouvernement de rattachement : Maurice Couve de Murville

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : Charles de Gaulle, président de la République (1959–1969).

Le refus de dévaluer en novembre 1968 procède de la décision de de Gaulle de maintenir la parité du franc. André de Lattre, alors présent à l’Élysée, distingue la gestion économique laissée au gouvernement après Mai 68 de la reprise présidentielle du dossier pendant la crise monétaire. Le président conduit ensuite les conseils restreints et les mesures de redressement.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Partiellement tenue

Description

Après Mai 68, le franc est soumis à une pression spéculative intense. Les accords de Grenelle ont entraîné une hausse massive des salaires (environ 10 % en moyenne), alimentant l'inflation et creusant le déficit commercial. En novembre 1968, une crise monétaire internationale éclate autour du franc et du mark. Les marchés anticipent une dévaluation. Le groupe des Dix se réunit à Bonn les 20-22 novembre. Tous les experts, y compris le ministre des Finances François-Xavier Ortoli, recommandent une dévaluation de 11,1 %. Mais le 24 novembre, de Gaulle annonce à la surprise générale son refus de dévaluer, déclarant : « La dévaluation serait la pire des absurdités. » Il impose à la place un plan de rigueur comportant un strict contrôle des changes, une réduction des dépenses publiques et une hausse des impôts. Cette décision, hautement politique, vise à préserver le prestige du franc et l'indépendance nationale. Elle se révélera cependant insuffisante : après le départ de de Gaulle, Pompidou procédera à la dévaluation de 12,5 % le 8 août 1969.

Contexte

Le franc, stabilisé par la réforme Pinay-Rueff de 1958, est un symbole de la restauration gaullienne. Mai 68 et ses conséquences salariales (accords de Grenelle) ont rompu l'équilibre des comptes extérieurs. La spéculation contre le franc s'intensifie tandis que le mark allemand est sous-évalué. De Gaulle refuse de céder aux marchés, y voyant une question de souveraineté nationale.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 10 octobre 2026
Identifiant Légifrance
JORFTEXT000000511371
Publication au JORF
24 novembre 1968
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Refus de dévaluation (nov. 1968)

novembre 1968

Chaînage législatif

1969inversion

Pompidou procède à la dévaluation de 12,5 % du franc en août 1969, rendant caduque la politique de non-dévaluation de de Gaulle.

→ (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« Maintenir la stabilité monétaire »

Source : Programme présidentiel 1965

Écart entre promesse et réalisation

De Gaulle tient formellement sa promesse de stabilité du franc en refusant de dévaluer, mais au prix de mesures d'austérité et d'un contrôle des changes qui reconnaissent implicitement la fragilité monétaire.

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Préservation temporaire de la parité du franc et du prestige monétaire gaullien

  • Démonstration de souveraineté face aux marchés financiers internationaux

    Fiabilité moyenneMesure : 1968-12-01Alain Peyrefitte — C'était de Gaulle (ouvrage en trois tomes) — Éditions de Fallois / Fayard · notice référence bibliographique

Effets négatifs

3

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

Le refus de dévaluer était un acte de souveraineté cohérent avec la doctrine gaullienne d'indépendance nationale, refusant de céder aux pressions des marchés et des partenaires étrangers.

Source académiqueAlain Peyrefitte — C'était de Gaulle. 1, « La France redevient la France » — Éditions de Fallois / Fayard, 1994, 598 p. · ISBN 2-213-59373-6 · notice référence bibliographique

Contre

Le refus de dévaluer a aggravé les déséquilibres économiques, imposé une austérité inutile et n'a fait que retarder l'inévitable, Pompidou procédant finalement à une dévaluation plus coûteuse quelques mois plus tard. [Données factuelles : Report inévitable de la dévaluation : Pompidou dévalue de 12,5 % en août 1969, taux plus élevé que celui recommandé en novembre 1968 : 11.1 → 12.5 % de dévaluation.]

Source académiqueJean Lacouture — De Gaulle. 3, Le Souverain : 1959-1970 — Seuil, 1986, 876 p. · ISBN 978-2-02-009351-4 · notice référence bibliographique

Chaînage législatif

Modifiée par

  • inversion
    devaluation-franc-aout-1969 (fiche non identifiée)

    Pompidou procède à la dévaluation de 12,5 % du franc en août 1969, rendant caduque la politique de non-dévaluation de de Gaulle.

Sources

  • [2]

    Alain Peyrefitte — C'était de Gaulle (ouvrage en trois tomes) — Éditions de Fallois / Fayard · notice référence bibliographique

    Source académiqueAlain Peyrefitte
  • [3]

    Jean Lacouture — De Gaulle. 3, Le Souverain : 1959-1970 — Seuil, 1986, 876 p. · ISBN 978-2-02-009351-4 référence bibliographique

    Source académiqueJean Lacouture
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