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Loi relative à l'abus d'autorité en matière sexuelle dans les relations de travail

Première loi française incriminant le harcèlement sexuel au travail, créant un délit d'abus d'autorité en matière sexuelle.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Pierre Bérégovoy

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

La loi n° 92-1179 du 2 novembre 1992 crée pour la première fois en droit français le délit de harcèlement sexuel dans les relations de travail. Portée par Véronique Neiertz, secrétaire d'État aux Droits des femmes, cette loi modifie à la fois le Code pénal et le Code du travail. Elle incrimine le fait, par une personne abusant de l'autorité que lui confèrent ses fonctions, de harceler autrui en donnant des ordres, proférant des menaces, imposant des contraintes ou exerçant des pressions graves dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle. Le délit est puni d'un an d'emprisonnement et de 100 000 francs d'amende. La loi protège également les salariés victimes ou témoins contre les mesures de rétorsion (licenciement, sanctions disciplinaires). Cette loi marque une avancée significative dans la reconnaissance juridique du harcèlement sexuel en France, même si sa définition restrictive — limitée à l'abus d'autorité hiérarchique — sera critiquée pour exclure le harcèlement entre collègues de même niveau. Elle sera élargie en 2002, abrogée par le Conseil constitutionnel en 2012, puis réécrite par une nouvelle loi la même année.

Contexte

Au début des années 1990, le mouvement féministe porte la question du harcèlement sexuel dans le débat public, influencé par la jurisprudence américaine et l'affaire Anita Hill / Clarence Thomas aux États-Unis (1991). En France, aucune disposition pénale spécifique ne protège les victimes de harcèlement sexuel au travail.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Sénat
  • Lectures : 4
  • Durée dépôt → promulgation : 186 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, accord
  • Accord en commission mixte paritaire
  • Dossier législatif (senat.fr)

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006080297_10-05-2001
Publication au JORF
04 novembre 1992
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi harcèlement sexuel

novembre 1992

Chaînage législatif

2002extension

La loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 élargit la définition du harcèlement sexuel au-delà de l'abus d'autorité hiérarchique.

→ (fiche non identifiée)
2012remplacement

Après l'abrogation par le Conseil constitutionnel de mai 2012, la loi du 6 août 2012 redéfinit le harcèlement sexuel avec une formulation plus précise et des sanctions alourdies.

→ (fiche non identifiée)

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

2

Effets de bord

1
  • En 2012, le Conseil constitutionnel abroge l'article 222-33 du Code pénal (harcèlement sexuel) pour imprécision, créant un vide juridique temporaire comblé par une nouvelle loi en août 2012

    Fiabilité hauteMesure : 2012-05-04Conseil constitutionnel — Décision n° 2012-240 QPC du 4 mai 2012, M. Gérard D. [Définition du délit de harcèlement sexuel] — article 222-33 du code pénal déclaré contraire à la Constitution agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

Cette loi est une avancée historique pour les droits des femmes au travail. Pour la première fois, le harcèlement sexuel est reconnu comme un délit en France. Elle envoie un signal fort que les abus d'autorité à des fins sexuelles sont inacceptables et punissables. La protection des victimes et témoins contre les représailles est essentielle.

Source officielleHarcèlement sexuel — dossier législatif : loi relative à l'abus d'autorité en matière sexuelle dans les relations de travail (n° 92-1179 du 2 novembre 1992) agent en recherche(centre-gauche)

Contre

La définition retenue est trop restrictive pour protéger efficacement les victimes : en limitant le délit à l'abus d'autorité, on exclut la majorité des situations de harcèlement. Les sanctions prévues sont insuffisantes. La loi risque de rester symbolique faute de moyens judiciaires adaptés et de renversement de la charge de la preuve.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • extension
    loi-modernisation-sociale-harcelement-2002 (fiche non identifiée)

    La loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 élargit la définition du harcèlement sexuel au-delà de l'abus d'autorité hiérarchique.

  • remplacement
    loi-harcelement-sexuel-2012 (fiche non identifiée)

    Après l'abrogation par le Conseil constitutionnel de mai 2012, la loi du 6 août 2012 redéfinit le harcèlement sexuel avec une formulation plus précise et des sanctions alourdies.

Cette réforme a été abrogée par : loi-harcelement-sexuel-2012 (fiche non identifiée)

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

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