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Loi sur la laïcité : interdiction des signes religieux ostensibles à l'école publique

Interdiction du port de signes religieux ostensibles dans les écoles, collèges et lycées publics, réaffirmant le principe de laïcité.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Jean-Pierre Raffarin

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : Jacques Chirac, président de la République, Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, François Fillon, ministre de l’Éducation nationale lors de la mise en œuvre.

Le 17 décembre 2003, Chirac demande une loi pour interdire les signes religieux ostensibles à l’école et une application dès la rentrée suivante. Le gouvernement porte ensuite le texte.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

La loi du 15 mars 2004 interdit le port de « signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse » dans les écoles, collèges et lycées publics. Bien que formulée de manière universelle, elle vise principalement le voile islamique (hijab), mais couvre aussi la kippa juive et les grandes croix chrétiennes. La loi fait suite aux travaux de la commission Stasi, présidée par Bernard Stasi, qui a remis son rapport le 11 décembre 2003 après avoir auditionné 140 personnalités. Jacques Chirac, dans un discours solennel à l'Élysée le 17 décembre 2003, reprend les principales recommandations de la commission et annonce le dépôt du projet de loi.

Contexte

Depuis l'affaire de Creil en 1989 (trois collégiennes voilées exclues), la question du voile à l'école empoisonne le débat public. Les avis du Conseil d'État sont contradictoires (appréciation au cas par cas). Le 21 avril 2002 et les tensions dans les quartiers renforcent le débat sur le « communautarisme ». Chirac y voit une occasion de réaffirmer les valeurs républicaines.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 47 jours
  • Commission mixte paritaire : non réunie
  • Accord des chambres en navette simple
  • Dossier législatif (senat.fr)

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000005765519_31-03-2011
Publication au JORF
01 septembre 2004
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi sur le voile à l'école

mars 2004

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Clarification juridique mettant fin à vingt ans d'incertitude et de contentieux au cas par cas sur le voile à l'école

    Fiabilité hauteMesure : 2004-09-01Hanifa Chérifi (inspectrice générale de l'Éducation nationale) — Bilan de l'application de la loi du 15 mars 2004 agent en recherche
  • Application apaisée à la rentrée 2004 : sur 639 cas, 550 résolus par le dialogue, seulement 47 exclusions

    Exclusions effectives
    Fiabilité hauteMesure : 2004-12-31Hafida Cherifi (rapport remis au ministre de l'Éducation nationale) — Application de la loi du 15 mars 2004 sur le port des signes religieux dans les écoles, collèges et lycées publics agent en recherche

Effets négatifs

2

Effets de bord

2
  • La loi de 2004 ouvre un cycle législatif sur la laïcité qui se poursuivra avec l'interdiction du voile intégral en 2010, alimentant un débat permanent sur l'islam en France

    Fiabilité hauteMesure : 2010-10-11vie-publique.fr — La laïcité en France depuis la Révolution : chronologie agent en recherche
  • Développement d'un réseau d'écoles musulmanes privées sous contrat ou hors contrat, la loi poussant certaines familles à chercher des alternatives à l'école publique. Le nombre d'établissements d'enseignement musulman passe d'une dizaine en 2004 à plus de soixante-dix en 2020, effet paradoxal d'une loi censée favoriser le vivre-ensemble républicain

Analyses contradictoires

Pour

La loi de 2004 est la traduction législative du principe de laïcité, pilier de la République française. L'école publique doit être un espace neutre où les élèves sont émancipés des pressions communautaires. La loi protège les jeunes filles contre les pressions familiales ou communautaires. [Données factuelles : Exclusions effectives : 47 élèves exclues.]

Source officielleCommission présidée par Bernard Stasi — Rapport au Président de la République — Commission de réflexion sur l'application du principe de laïcité dans la République agent en recherche

Contre

Cette loi discrimine les musulmans sous couvert d'universalité. Elle exclut des jeunes filles de l'école plutôt que de les y accueillir. La laïcité de 1905 séparait l'État et les Églises, pas les croyants et l'espace public. C'est une régression des libertés individuelles.

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

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