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Avis du Conseil d'État sur le port du foulard islamique à l'école

Saisine du Conseil d'État par Jospin sur le port de signes religieux à l'école, avis fondateur distinguant prosélytisme et liberté religieuse.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Michel Rocard

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

L'affaire du foulard de Creil éclate en octobre 1989 lorsque trois collégiennes sont exclues pour port du voile islamique. Lionel Jospin, ministre de l'Éducation nationale, saisit le Conseil d'État qui rend un avis fondateur le 27 novembre 1989. Le Conseil d'État établit que le port de signes religieux par les élèves n'est pas en soi incompatible avec la laïcité, mais que les signes deviennent interdits lorsqu'ils constituent un acte de pression, de provocation, de prosélytisme ou de propagande, qu'ils portent atteinte à la dignité ou à la liberté de l'élève, ou qu'ils troublent le bon fonctionnement de l'établissement. Cet avis fonde une jurisprudence « au cas par cas » qui sera contestée des deux côtés : trop permissive pour les partisans d'une laïcité stricte, trop restrictive pour les défenseurs de la liberté religieuse. La question ne sera tranchée que par la loi du 15 mars 2004 interdisant le port de signes religieux ostensibles à l'école, sous la présidence de Jacques Chirac.

Contexte

Le bicentenaire de la Révolution (1989) ravive les débats sur les valeurs républicaines. L'islam devient la deuxième religion de France. La montée du Front national alimente les tensions identitaires. L'intégration des populations d'origine maghrébine est un sujet politique croissant.

Chaîne d'impact

Réforme

Avis foulard islamique

novembre 1989

Chaînage législatif

2004remplacement

La loi du 15 mars 2004 tranche le débat en interdisant les signes religieux ostensibles à l'école, mettant fin à la jurisprudence au cas par cas.

→ (fiche non identifiée)

Effets mesurés

Effets positifs

1
  • Cadre juridique nuancé permettant de concilier laïcité scolaire et liberté religieuse des élèves

    Fiabilité hauteMesure : 1989-11-27Conseil d'État, Section de l'intérieur — Avis « Port du foulard islamique », Section de l'intérieur, 27 novembre 1989, n° 346893 agent en recherche

Effets négatifs

1
  • Quinze ans d'incertitude juridique et de contentieux dans les établissements scolaires, chaque cas étant traité individuellement

    Fiabilité hauteMesure : 2004-01-01Bernard Stasi (président) — Commission de réflexion sur l'application du principe de laïcité dans la République : rapport au Président de la République agent en recherche

Effets de bord

1
  • Le débat sur le foulard islamique à l'école restera ouvert pendant quinze ans, jusqu'à la loi du 15 mars 2004 interdisant les signes religieux ostensibles, adoptée après le rapport de la commission Stasi

    Fiabilité hauteMesure : 2004-03-15Loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 encadrant le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

L'avis du Conseil d'État de 1989 est un modèle de sagesse juridique : il concilie le principe de laïcité avec le respect de la liberté de conscience et distingue le port du signe de l'acte de prosélytisme. Il respecte les droits fondamentaux des élèves.

Source académiqueJean Baubérot — La laïcité falsifiée — La Découverte, 2011 · ISBN 978-2-7071-7145-0 · notice référence bibliographique(centre-gauche)

Contre

L'avis du Conseil d'État de 1989 a ouvert une brèche dans la laïcité scolaire en autorisant le port de signes religieux. La logique du « cas par cas » était ingérable et a conduit à quinze ans de chaos juridique dans les établissements.

Source académiqueCatherine Kintzler — Qu'est-ce que la laïcité ? — J. Vrin, 2007 · ISBN 978-2-7116-1876-7 · notice référence bibliographique(centre)

Chaînage législatif

Modifiée par

  • remplacement
    loi-signes-religieux-ecole-2004 (fiche non identifiée)

    La loi du 15 mars 2004 tranche le débat en interdisant les signes religieux ostensibles à l'école, mettant fin à la jurisprudence au cas par cas.

Sources

Données disponibles (8/9)
2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatifTexte officiel

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources