Privatisations de Saint-Gobain et Paribas — Premières privatisations effectives
Premières privatisations effectives du programme Balladur : Saint-Gobain (novembre 1986) puis Paribas (janvier 1987) ouvrent la voie.
Initiative politique : non documentée
⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.
Cohabitation — gouvernement Jacques Chirac. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.
Comment l’initiative est-elle établie ?Description
Saint-Gobain est le premier groupe à être effectivement privatisé, le 17 novembre 1986, suivi de la Compagnie financière de Paribas en janvier 1987. Ces deux opérations sont le banc d'essai du programme de privatisations et leur succès conditionne la suite. Saint-Gobain, géant des matériaux de construction et du verre, nationalisé en 1982, est vendu par OPV à un prix de 310 francs l'action. L'opération est un succès populaire : 1,5 million de particuliers souscrivent, et le titre s'envole de 30 % en quelques semaines. Paribas, grande banque d'affaires, connaît un succès similaire avec 3,8 millions de souscripteurs. Le système des « noyaux durs » est mis en place : des blocs d'actions sont réservés à des investisseurs institutionnels et des groupes industriels alliés (participations croisées), garantissant une gouvernance stable. Ce système, critiqué comme un capitalisme de connivence, structure néanmoins le capitalisme français pour les décennies suivantes. Le succès de ces deux premières privatisations donne confiance au gouvernement pour accélérer le programme (Société Générale, CCF, TF1, CGE, Matra, Havas en 1987).
Contexte
Le gouvernement doit prouver que les privatisations sont réalisables et populaires. Les marchés financiers sont euphoriques (avant le krach d'octobre 1987). La gauche met en garde contre le bradage du patrimoine national.
Texte officiel consolidé
Vérifié le 10 octobre 2026- Identifiant Légifrance
- JORFTEXT000000494908
- Publication au JORF
- 17 novembre 1986
Chaîne d'impact
Réforme
Privatisations Saint-Gobain / Paribas
novembre 1986
Aucun effet de bord documenté
Chaînage législatif
Modifie également
Promesse d'origine
« Privatiser les entreprises nationalisées en 1982 en développant l'actionnariat populaire (programme RPR-UDF 1986) »
Source : Plateforme commune RPR-UDF, « Gouverner ensemble », 1986
Écart entre promesse et réalisation
Promesse tenue : les premières privatisations sont un succès populaire et financier.
Effets mesurés
Effets positifs
2Succès populaire massif : 1,5 million de souscripteurs pour Saint-Gobain, 3,8 millions pour Paribas, démocratisant l'actionnariat
Souscripteurs individuels Paribas0 souscripteurs3800000 souscripteursHausse du cours de bourse de Saint-Gobain de 30 % dans les semaines suivant la privatisation, validant le prix de cession
Effets négatifs
2Le système des noyaux durs crée un réseau de participations croisées opaque, éloigné du capitalisme populaire annoncé
Fiabilité hauteMesure : 1987-06-01François Morin (préf. Henri Bartoli) — La structure financière du capitalisme français : situations et transformations — Calmann-Lévy (coll. Perspectives de l'économique), 1974, 316 p. p. · ISBN 978-2-7021-0191-9 référence bibliographiqueLes petits actionnaires de la privatisation subissent des pertes sévères lors du krach d'octobre 1987
Fiabilité hauteMesure : 1987-10-19Revue française de gestion n°67 — Sociétés privatisées : comment stabiliser l'actionnariat direct
Analyses contradictoires
Pour
Les privatisations de Saint-Gobain et Paribas démontrent que l'actionnariat populaire n'est pas un mythe. Des millions de Français deviennent propriétaires d'une part du capital national. Les entreprises privatisées se développent mieux que sous tutelle publique. [Données factuelles : Succès populaire massif : 1,5 million de souscripteurs pour Saint-Gobain, 3,8 millions pour Paribas, démocratisant l'actionnariat : 0 → 3800000 souscripteurs.]
Contre
Le capitalisme populaire est un leurre : les vrais bénéficiaires sont les membres des noyaux durs, qui acquièrent le contrôle d'empires industriels à prix bradés. Les petits porteurs sont de la chair à canon boursière, comme le prouvera le krach de 1987.
Chaînage législatif
Modifie les réformes suivantes
Sources
- [1]
Élie Cohen — L'État brancardier : politiques du déclin industriel (1974-1984) — Calmann-Lévy, 1989, 351 p. · ISBN 2-7021-1828-3 référence bibliographique
Source académiqueÉlie Cohen - [2]
Conseil des ministres du 25 février 1987 — Premier bilan des privatisations
Source officielleBiais : institutionnel
Source de vérification : Vie-publique.fr
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources