MajeureLoiÉconomie & Finances

Loi de finances pour 2017 et exécution budgétaire de fin de quinquennat

Dernier budget du quinquennat ramenant le déficit sous les 3 % du PIB pour la première fois depuis 2007, avec un objectif de 2,7 % du PIB.

Rattachement présidentiel : François Hollande
Gouvernement de rattachement : Bernard Cazeneuve

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse non tenue

Description

La loi de finances pour 2017, adoptée le 29 décembre 2016, est le dernier budget du quinquennat Hollande. Elle fixe un objectif de déficit public à 2,7 % du PIB, sous la barre symbolique des 3 % pour la première fois depuis 2007. Ce résultat est rendu possible par la conjonction de la maîtrise de la dépense publique (progression limitée à 1,6 % en volume), de la reprise économique (croissance de 1,1 % en 2016, prévue à 1,5 % en 2017), et des recettes fiscales dynamiques. Le budget intègre le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu (article 60, reporté par le gouvernement suivant), la dernière tranche du plan de 50 milliards d'économies, et les mesures de sécurité post-attentats. Le gouvernement Cazeneuve hérite d'un budget préparé sous Valls et se concentre sur son exécution fidèle dans les cinq derniers mois du quinquennat. La Cour des comptes certifiera que le déficit réel de 2017 s'est établi à 2,8 % du PIB (légèrement au-dessus de l'objectif, mais sous les 3 %), permettant à la France de sortir de la procédure européenne de déficit excessif dans laquelle elle était engagée depuis 2009.

Contexte

La France est sous procédure de déficit excessif depuis 2009. La Commission européenne a accordé des délais successifs (2013, 2015) pour le retour sous les 3 %. Le plan de 50 milliards d'économies arrive à son terme. La croissance reprend modestement après les années de stagnation 2012-2014. Le budget 2017 doit démontrer la crédibilité budgétaire de la France avant la présidentielle.

Vote à l’Assemblée nationale

Scrutin n° 1352 · 22 novembre 2016 · 14e législature

l'ensemble du projet de loi de finances pour 2017 (première lecture).

Adopté
287
Pour
243
Contre
22
Abstentions

552 votants · 1 non-votants

Répartition par groupe (top 5)

  • PO713077268 / 2 / 11
  • PO7078690 / 195 / 0
  • PO6560100 / 22 / 0
  • PO6456332 / 10 / 9
  • PO65602216 / 0 / 0

Pour / Contre / Abstention

Voir le scrutin nominatif sur assemblee-nationale.fr

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 4
  • Durée dépôt → promulgation : 92 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, échec
  • CMP en échec — l'Assemblée a statué en dernier
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 députés · 60 sénateurs

29 décembre 2016Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000033760521_30-12-2019
Publication au JORF
01 janvier 2017
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Budget 2017

décembre 2016

Promesse d'origine

« Engagement n° 9 : « Je rétablirai l'équilibre budgétaire en fin de mandat » »

Source : 60 engagements pour la France, François Hollande, 2012

Écart entre promesse et réalisation

L'équilibre budgétaire n'est pas atteint (déficit de 2,8 % du PIB en 2017, loin de 0 %), mais le passage sous les 3 % est un résultat significatif, même s'il est très éloigné de la promesse.

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Le déficit public passe sous les 3 % du PIB en 2017 (2,8 % réalisé), permettant à la France de sortir de la procédure de déficit excessif pour la première fois depuis 2009

    Déficit public en % du PIB
    3.4 % du PIB2.8 % du PIB
    Fiabilité hauteMesure : 2017-12-31Les comptes des administrations publiques en 2017 (Insee Première n° 1698) agent en recherche
  • Sortie de la France de la procédure de déficit excessif de l'Union européenne en mai 2018, après neuf ans sous surveillance

    Fiabilité hauteMesure : 2018-05-23Commission européenne — Recommandation de la Commission européenne visant l'abrogation de la procédure de déficit excessif contre la France (paquet de printemps du semestre européen 2018) agent en recherche

Effets négatifs

2
  • La dette publique atteint 98,4 % du PIB fin 2017, contre 90,6 % en 2012, une hausse de près de 8 points sur le quinquennat malgré la réduction du déficit

    Dette publique en % du PIB
    90.6 % du PIB98.4 % du PIB
    Fiabilité hauteMesure : 2017-12-31Dette des administrations publiques au sens de Maastricht agent en recherche
  • Le taux de prélèvements obligatoires reste à un niveau élevé de 45,3 % du PIB en 2017, parmi les plus élevés de la zone euro

    Taux de prélèvements obligatoires
    44.4 % du PIB45.3 % du PIB
    Fiabilité hauteMesure : 2017-12-31Prélèvements obligatoires − Tableaux de l'économie française (fiche consacrée aux prélèvements obligatoires, données 2017) agent en recherche

Effets de bord

1
  • La Cour des comptes dénoncera en juillet 2017 une sous-budgétisation systématique de certaines dépenses (opérations militaires, hébergement d'urgence), transmettant au gouvernement suivant des « bombes budgétaires » estimées à 8 milliards d'euros

    Fiabilité hauteMesure : 2017-07-01Cour des comptes — Rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques – juin 2017 (incluant l'audit des finances publiques demandé par le Premier ministre) agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

Le passage du déficit sous les 3 % est un résultat concret après des années d'effort. La France retrouve sa crédibilité budgétaire européenne. La réduction du déficit a été menée tout en finançant le Pacte de responsabilité, les baisses d'impôts et la lutte antiterroriste. C'est un exercice de gestion budgétaire difficile mais réussi.

Contre

L'équilibre budgétaire promis pour 2017 n'a jamais été atteint — le déficit reste à 2,8 % du PIB. La dette a explosé de 89,6 % à 98,3 % du PIB, soit 400 milliards d'euros supplémentaires de dette en cinq ans. Le budget 2017 est artificiellement optimiste (sous-budgétisations révélées par la Cour des comptes). Les prélèvements obligatoires sont au record historique de 45,3 % du PIB. Le bilan budgétaire du quinquennat est un échec.

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources