MajeureLoiLogement & UrbanismeAbrogée

Loi Quilliot relative aux droits et obligations des locataires et des bailleurs

Loi du 22 juin 1982 instaurant un droit au logement et réglementant les rapports bailleurs-locataires : première grande loi de protection des locataires en France.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Pierre Mauroy

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Roger Quilliot, ministre de l’Urbanisme et du Logement (1981–1983), conception et portage, Commission Delmon, créée en 1972, travaux repris comme antécédent.

Quilliot distingue les travaux Delmon et le projet de 1980 resté sans examen de la nouvelle démarche gouvernementale. Il décrit le choix d’un cadre équilibrant bailleurs et locataires, puis les arbitrages sur baux, loyers et accords collectifs. Le thème présidentiel de « nouvelle citoyenneté » est présenté comme un cadre général.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi n° 82-526 du 22 juin 1982, dite « loi Quilliot » du nom du ministre du Logement Roger Quilliot, constitue la première grande loi de protection des locataires en France. Elle établit pour la première fois un « droit fondamental à l'habitat » et régule en profondeur les rapports entre bailleurs et locataires. La loi encadre les loyers dans les zones tendues (blocage puis plafonnement), impose un contrat de bail écrit obligatoire avec une durée minimale, limite les motifs de congé (vente, reprise pour habiter, motif légitime et sérieux), instaure un préavis de 6 mois pour le bailleur (3 mois pour le locataire) et encadre le dépôt de garantie (2 mois de loyer maximum).

Contexte

En 1982, la France connaît une crise du logement marquée par la hausse des loyers (+70 % entre 1975 et 1981), la pénurie de logements sociaux et la spéculation immobilière. Les locataires, qui représentent environ 45 % des ménages, ne disposent d'aucune protection législative structurée face aux bailleurs. L'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 crée les conditions politiques d'une réforme ambitieuse du droit du logement.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 4
  • Durée dépôt → promulgation : 234 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, accord
  • Accord en commission mixte paritaire
  • Dossier législatif (senat.fr)

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006068747_24-12-1986
Publication au JORF
23 juin 1982
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi Quilliot

juin 1982

Chaînage législatif

1986réforme partielle

La loi Méhaignerie libéralise les loyers et assouplit le cadre de la loi Quilliot

→ (fiche non identifiée)
1989remplacement

La loi Mermaz du 6 juillet 1989 remplace et actualise le cadre de la loi Quilliot

→ (fiche non identifiée)

Schéma récurrent — 3 tentatives

Des réformes similaires ont été tentées à d'autres époques

Promesse d'origine

« Mitterrand avait promis de garantir un droit au logement et d'encadrer les loyers dans ses 110 propositions »

Source : 110 Propositions pour la France, François Mitterrand, 1981, proposition n° 75

Écart entre promesse et réalisation

La promesse est largement tenue : la loi Quilliot crée un cadre complet de protection des locataires.

Effets mesurés

Effets positifs

1

Effets négatifs

1

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

La loi Quilliot a mis fin à l'arbitraire des bailleurs en instaurant un cadre juridique protecteur pour les locataires. Le droit au logement est un droit fondamental et l'encadrement des loyers est nécessaire pour empêcher la spéculation et garantir l'accès au logement des ménages modestes.

Contre

La loi Quilliot a cassé le marché locatif en décourageant l'investissement par un encadrement excessif des loyers et un déséquilibre des droits en faveur des locataires. En bloquant les loyers et en rendant les congés quasi impossibles, la loi a réduit l'offre de logements, aggravant la pénurie qu'elle prétendait combattre. La loi Méhaignerie de 1986 a dû corriger ces excès.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • réforme partielle
    loi-mehaignerie-1986 (fiche non identifiée)

    La loi Méhaignerie libéralise les loyers et assouplit le cadre de la loi Quilliot

  • remplacement
    loi-mermaz-1989 (fiche non identifiée)

    La loi Mermaz du 6 juillet 1989 remplace et actualise le cadre de la loi Quilliot

Cette réforme a été abrogée par : Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (loi Mermaz/Malandain) (fiche non identifiée)

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources