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Référendum sur le traité de Maastricht

Référendum approuvant le traité de Maastricht instituant l'Union européenne et la monnaie unique, adopté à 51,04 % des voix.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Pierre Bérégovoy

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : François Mitterrand (président de la République).

Mitterrand explique le 5 juin 1992 pourquoi il choisit la ratification populaire plutôt que le simple vote parlementaire, puis rappelle son annonce au Conseil des ministres.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

Le 20 septembre 1992, les Français se prononcent par référendum sur la ratification du traité sur l'Union européenne signé à Maastricht le 7 février 1992. François Mitterrand a fait le choix du référendum plutôt que de la voie parlementaire, espérant un large soutien populaire au projet européen. Le « oui » l'emporte avec seulement 51,04 % des suffrages exprimés, soit une marge de 2 points — un résultat bien plus serré qu'anticipé. La campagne a profondément divisé la France : le « non » rassemble une coalition hétéroclite allant de Philippe Séguin et Charles Pasqua à droite à Jean-Pierre Chevènement à gauche, en passant par le Front national et le Parti communiste. Le traité crée l'Union européenne à trois piliers, institue la citoyenneté européenne, fixe les critères de convergence pour la monnaie unique (déficit sous 3 % du PIB, dette sous 60 %, inflation maîtrisée) et prévoit le passage à l'euro au plus tard en 1999. Ce référendum marque un tournant dans la vie politique française : il révèle une fracture durable entre « gagnants » et « perdants » de la mondialisation et de l'intégration européenne, fracture qui structurera les décennies suivantes.

Contexte

La chute du mur de Berlin (1989) et la réunification allemande (1990) accélèrent la construction européenne. Mitterrand et Kohl négocient un approfondissement politique en contrepartie de l'ancrage de l'Allemagne réunifiée dans l'Europe. Le contexte économique est difficile : récession naissante, chômage élevé, crise du SME qui fragilise le franc.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 10 octobre 2026
Identifiant Légifrance
JORFTEXT000000504610
Publication au JORF
20 septembre 1992
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Référendum Maastricht

septembre 1992

Chaînage législatif

1997complément

Le traité d'Amsterdam complète Maastricht en renforçant la politique sociale et en intégrant Schengen dans le droit communautaire.

→ (fiche non identifiée)
2007refonte institutionnelle

Le traité de Lisbonne réforme les institutions de l'UE créées par Maastricht, après le rejet du TCE en 2005.

→ (fiche non identifiée)

Indicateurs macro impactés

Promesse d'origine

« Poursuivre et approfondir la construction européenne, ancrer la France dans une Europe politique et monétaire »

Source : Lettre à tous les Français, François Mitterrand, avril 1988

Écart entre promesse et réalisation

Le traité de Maastricht concrétise l'engagement européen de Mitterrand, mais le recours au référendum et l'étroitesse du résultat révèlent un décalage entre l'ambition présidentielle et l'adhésion populaire.

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Ratification du traité fondateur de l'Union européenne, ouvrant la voie à la monnaie unique et à la citoyenneté européenne

    Fiabilité hauteMesure : 1993-11-01Loi n° 92-1017 du 24 septembre 1992 autorisant la ratification du Traité sur l'Union européenne agent en recherche
  • Ancrage de la France au cœur du projet européen, consolidant le couple franco-allemand comme moteur de la construction européenne

Effets négatifs

2
  • Résultat serré (51,04 %) révélant une fracture profonde entre élites pro-européennes et catégories populaires sceptiques

    Score du oui au référendum
    % des suffrages exprimés51.04 % des suffrages exprimés
    Fiabilité hauteMesure : 1992-09-20Décision n° 92-19 REF du 23 septembre 1992 — Proclamation des résultats du référendum du 20 septembre 1992 agent en recherche
  • Les critères de convergence imposent une discipline budgétaire stricte qui contraint durablement les marges de manœuvre de la politique économique française

    Fiabilité hauteMesure : 1997-01-01Jean-Paul Fitoussi — Le débat interdit : monnaie, Europe, pauvreté — Arléa, 1995, 318 p. · ISBN 978-2-86959-236-0 référence bibliographique

Effets de bord

2
  • Émergence d'un clivage « ouverture/fermeture » se superposant au clivage gauche/droite, restructurant le paysage politique pour les décennies suivantes

    Fiabilité hauteMesure : 2005-01-01Pascal Perrineau (dir.),Colette Ysmal (dir.) — Le Vote de tous les refus : les élections présidentielle et législatives de 2002 — Presses de Sciences Po, coll. Chroniques électorales, 2003 · ISBN 9782724609073 référence bibliographique
  • Division durable du RPR entre souverainistes (Séguin, Pasqua) et pro-européens (Juppé, Balladur), affaiblissant le parti gaulliste

Analyses contradictoires

Pour

Le traité de Maastricht est l'aboutissement logique de quarante ans de construction européenne et une réponse stratégique à la réunification allemande. En créant la monnaie unique, il protège définitivement la France des crises de change qui l'avaient humiliée trois fois entre 1981 et 1983. La discipline budgétaire (déficit sous 3 % du PIB, dette sous 60 %) n'est pas une contrainte mais un gage de sérieux économique bénéficiant à tous. L'euro donnera à l'Europe le poids nécessaire pour peser face au dollar. Le couple franco-allemand, moteur du traité, offre à la France une influence diplomatique sans commune mesure avec son poids économique isolé.

MédiaJacques Delors, Dominique Wolton — L'Unité d'un homme : entretiens avec Dominique Wolton — Odile Jacob, 1994, 397 p. · ISBN 978-2-7381-0282-9 référence bibliographique(centre-gauche)

Contre

Le traité de Maastricht est une abdication de souveraineté sans précédent. En abandonnant le franc et la politique monétaire à une banque centrale européenne indépendante calquée sur la Bundesbank, la France renonce à l'instrument de change et de taux d'intérêt qui lui permettait d'ajuster sa compétitivité. Les critères de convergence imposent une austérité permanente incompatible avec le modèle social français. Le résultat serré du référendum (51,04 %) révèle une fracture entre les élites pro-européennes des métropoles et les catégories populaires des périphéries, fracture qui explosera au référendum de 2005 puis dans le mouvement des Gilets jaunes.

Source officiellePhilippe Séguin — Déclaration de M. Philippe Séguin, député RPR, sur son opposition au traité de Maastricht et ses objectifs pour l'Europe, à l'Assemblée nationale le 5 mai 1992 (exception d'irrecevabilité sur le projet de loi constitutionnelle préalable à la ratification) agent en recherche(droite)

Chaînage législatif

Modifiée par

  • complément
    traite-amsterdam-1997 (fiche non identifiée)

    Le traité d'Amsterdam complète Maastricht en renforçant la politique sociale et en intégrant Schengen dans le droit communautaire.

  • refonte institutionnelle
    traite-lisbonne-2007 (fiche non identifiée)

    Le traité de Lisbonne réforme les institutions de l'UE créées par Maastricht, après le rejet du TCE en 2005.

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Conseil constitutionnel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources