SignificativeLoiEmploi & Travail

Suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires (abrogation TEPA)

Suppression de l'exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires instaurée par la loi TEPA de 2007.

Rattachement présidentiel : François Hollande
Gouvernement de rattachement : Jean-Marc Ayrault

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : François Hollande, président de la République, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie, Christian Eckert, député et rapporteur général.

La réponse ministérielle relie la suppression de 2012 au programme de Hollande. Le gouvernement prévoyait le volet fiscal pour 2013 ; l’amendement parlementaire l’avance au collectif d’août 2012.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi de finances rectificative du 16 août 2012 met fin à l'exonération fiscale et à la réduction de cotisations sociales salariales sur les heures supplémentaires, mesure phare de la loi TEPA (Travail, Emploi et Pouvoir d'Achat) de Nicolas Sarkozy (« travailler plus pour gagner plus »). Seule l'exonération de cotisations patronales est maintenue pour les entreprises de moins de 20 salariés. La mesure concerne environ 9 millions de salariés qui effectuaient des heures supplémentaires et bénéficiaient d'un avantage fiscal estimé à 4,5 milliards d'euros par an. Sa suppression vise à financer d'autres mesures du quinquennat, mais elle est perçue comme une hausse d'impôt frappant directement les classes populaires et moyennes. Le « travailler plus pour gagner plus » étant populaire, cette mesure contribue significativement à la perception d'un gouvernement hostile au travail et au pouvoir d'achat.

Contexte

La défiscalisation des heures supplémentaires instaurée en 2007 coûtait 4,5 milliards d'euros par an à l'État. Les économistes débattaient de son efficacité : effet positif sur le pouvoir d'achat des salariés modestes mais effet potentiellement négatif sur l'emploi (substitution d'heures supplémentaires à des embauches).

Vote à l’Assemblée nationale

Scrutin n° 5 · 18 juillet 2012 · 14e législature

l'article 2 du projet de loi de finances rectificative pour 2012 (suppression des allègements sociaux sur les heures supplémentaires et complémentaires).

Adopté
89
Pour
64
Contre
0
Abstentions

153 votants · 26 non-votants

Répartition par groupe (top 5)

  • PO6560020 / 8 / 0

Pour / Contre / Abstention

Voir le scrutin nominatif sur assemblee-nationale.fr

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 43 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, accord
  • Accord en commission mixte paritaire
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 députés · 60 sénateurs

9 août 2012Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000026289927_19-12-2012
Publication au JORF
18 août 2012
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Fin défiscalisation heures sup

août 2012

Promesse d'origine

« François Hollande s'était engagé à revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires pour financer d'autres mesures »

Source : Programme économique, François Hollande, 2012

Écart entre promesse et réalisation

Promesse tenue, mais l'impact négatif sur le pouvoir d'achat des salariés concernés n'avait pas été suffisamment mis en avant.

Effets mesurés

Effets positifs

1
  • Économie budgétaire de 4,5 milliards d'euros par an pour l'État

    Économie budgétaire annuelle
    0 milliards €4.5 milliards €
    Fiabilité hauteMesure : 2013-12-31Christian Eckert (rapporteur général), commission des finances de l'Assemblée nationale — Rapport n° 79 de M. Christian Eckert, au nom de la commission des finances, sur le projet de loi de finances rectificative pour 2012 (n° 71) agent en recherche

Effets négatifs

1

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

La défiscalisation des heures supplémentaires était un dispositif coûteux (4,5 milliards) et potentiellement destructeur d'emplois : les entreprises préfèrent les heures supplémentaires (moins chères grâce à l'exonération) aux embauches. Sa suppression rétablit la neutralité fiscale et encourage la création d'emplois plutôt que l'allongement du temps de travail.

Contre

La défiscalisation des heures supplémentaires permettait à 9 millions de salariés modestes d'améliorer concrètement leur revenu. Sa suppression est une hausse d'impôt déguisée qui frappe les ouvriers et employés, pas les cadres supérieurs. C'est la mesure la plus antisociale d'un gouvernement qui prétendait défendre le pouvoir d'achat.

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources