SignificativeLoiSécurité & Justice

Renforcement des mesures de sûreté — loi du 10 mars 2010

La loi de 2010 complète la rétention et la surveillance de sûreté créées en 2008, avec allongement de certaines durées et encadrement des conditions de placement.

Rattachement présidentiel : Nicolas Sarkozy
Gouvernement de rattachement : François Fillon

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : Nicolas Sarkozy, président de la République, commande du rapport Lamanda en février 2008, Vincent Lamanda, premier président de la Cour de cassation, propositions de préparation, Rachida Dati puis Michèle Alliot-Marie, gardes des Sceaux, portage du projet de 2008–2010, Commission des lois de l’Assemblée nationale, ajouts substantiels au projet initial.

Sarkozy commande à Lamanda en février 2008 des adaptations après la décision constitutionnelle. Le projet déposé en novembre 2008 reprend ces propositions ; les débats de février 2010 confirment leur traduction dans le renforcement des mesures de sûreté. Dati puis Alliot-Marie assurent le portage ministériel. La qualification présidentielle vise la loi du 10 mars 2010, distincte de la création des dispositifs en 2008. La commission des lois de l’Assemblée ajoute ensuite quatre séries de dispositions absentes du rapport Lamanda ; la qualification vise l’impulsion initiale et ne lui attribue pas la conception de ces ajouts.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Partiellement tenue

Description

La loi n°2010-242 du 10 mars 2010 tendant à amoindrir le risque de récidive criminelle complète les dispositifs de rétention et de surveillance de sûreté issus de la loi du 25 février 2008. Son article 3 porte d’un à deux ans la durée de certaines mesures de surveillance de sûreté. Les articles 2 et 4 imposent des vérifications relatives à la prise en charge proposée pendant la peine et à l’insuffisance d’un renforcement des obligations de surveillance avant un placement en centre. L’article 5 encadre l’avertissement sur le consentement au placement sous surveillance électronique mobile. Rétention en centre et surveillance de sûreté avec obligations restent deux cadres distincts. La loi de 2010 ne crée pas l’audience publique relative à l’irresponsabilité pénale instituée en 2008.

Contexte

La réforme de 2010 intervient après la création, en 2008, de dispositifs destinés à certains condamnés présentant une dangerosité particulière. Elle complète leurs conditions de mise en œuvre et de contrôle ; la discussion porte sur la prévention de la récidive et les garanties attachées à des mesures appliquées après la peine.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 89 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 députés · 60 sénateurs

21 février 2008Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 12 octobre 2026
Identifiant Légifrance
JORFTEXT000021954436
Publication au JORF
11 mars 2010
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Mesures de sûreté : réforme de 2010

mars 2010

Promesse d'origine

« Protéger les Français contre les criminels dangereux et les récidivistes en renforçant le suivi post-carcéral »

Source : Programme présidentiel de Nicolas Sarkozy, 2007

Écart entre promesse et réalisation

La promesse est largement tenue dans sa lettre, mais le dispositif de rétention de sûreté a été partiellement censuré par le Conseil constitutionnel et reste peu appliqué dans les faits.

Effets mesurés

Effets positifs

1

Effets négatifs

1

Effets de bord

1
  • Le concept de « peine après la peine » alimente le débat sur l'évolution du droit pénal français vers un modèle de dangerosité à l'anglo-saxonne, éloigné de la tradition de réinsertion

    Fiabilité moyenneMesure : 2012-01-01Revue de science criminelle et de droit pénal comparé — La rétention de sûreté, entre précaution et punition document non retrouvé

Analyses contradictoires

Pour

La protection de la société contre les criminels les plus dangereux est un devoir de l'État. La rétention de sûreté n'est pas une peine mais une mesure de protection, comparable à l'internement psychiatrique. Les victimes ont droit à une garantie que leur agresseur ne récidivera pas.

analyse de la rédactionArgument formulé par nous, sans source tierce.

Contre

La rétention de sûreté viole le principe fondamental du droit pénal selon lequel on ne peut punir quelqu'un pour ce qu'il pourrait faire. C'est une mesure de précaution liberticide fondée sur la prédiction impossible de la dangerosité future, qui transforme le droit pénal en outil de neutralisation des indésirables.

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources