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Accord franco-britannique sur le programme d'avion supersonique Concorde

Accord franco-britannique lançant le développement du Concorde, premier avion de transport supersonique civil, symbole de l'ambition technologique européenne.

Rattachement présidentiel : Charles de Gaulle
Gouvernement de rattachement : Georges Pompidou

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Robert Buron (ministre des Travaux publics et des Transports, 1958–mai 1962), Roger Dusseaulx (ministre des Travaux publics et des Transports, mai–novembre 1962), Peter Thorneycroft (ministre britannique de l’Aviation, 1960–juillet 1962), Julian Amery (ministre britannique de l’Aviation à partir de juillet 1962), Gouvernements français et britannique (accord de développement commun).

Buron et Thorneycroft négocient en 1960–1961 un plan commun pour l’avion supersonique. Les ministères, administrations et industriels en précisent les modalités ; Dusseaulx et Amery poursuivent cette démarche jusqu’aux décisions gouvernementales et à l’accord du 29 novembre 1962.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

Le 29 novembre 1962, la France et le Royaume-Uni signent un accord intergouvernemental pour développer conjointement un avion de transport supersonique (SST) : le Concorde. Le projet associe l'Aérospatiale (ex-Sud Aviation) côté français et la British Aircraft Corporation (BAC) côté britannique, ainsi que Rolls-Royce et la SNECMA pour les moteurs Olympus 593. L'accord, voulu par de Gaulle comme une démonstration de la capacité européenne à rivaliser avec les États-Unis et l'URSS dans le domaine de l'aviation, prévoit un partage égal des coûts et du travail. Le programme mobilise des milliers d'ingénieurs des deux côtés de la Manche. Le prototype 001 effectue son premier vol à Toulouse le 2 mars 1969.

Contexte

En 1962, les États-Unis et l'URSS développent leurs propres projets supersoniques (le Boeing 2707 et le Tupolev Tu-144). De Gaulle voit dans le Concorde un moyen d'affirmer l'indépendance technologique européenne et de rapprocher la France de la Grande-Bretagne sur un projet industriel commun — quelques semaines avant de lui fermer la porte de la CEE en janvier 1963. Le programme spatial français est encore embryonnaire et l'industrie aéronautique française cherche un projet fédérateur après la Caravelle.

Chaîne d'impact

Réforme

Programme Concorde

novembre 1962

Schéma récurrent — 7 tentatives

Des réformes similaires ont été tentées à d'autres époques

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Avancées technologiques majeures en aérodynamique, matériaux composites, motorisation et avionique qui ont irrigué toute l'industrie aéronautique européenne pendant des décennies

    Fiabilité hauteMesure : 1976-01-21Kenneth Owen — Concorde: Story of a Supersonic Pioneer — Science Museum (NMSI Trading Ltd), 2001, 320 p. · ISBN 978-1-900747-42-4 · notice référence bibliographique
  • Structuration de la coopération aéronautique franco-britannique et création de compétences industrielles qui ont directement préparé le consortium Airbus

    Fiabilité hauteMesure : 1970-01-01Pierre Muller — Airbus, l'ambition européenne : logique d'État, logique de marché — L'Harmattan (collection Logiques sociales), publié pour le Commissariat général du Plan, 1989, 254 p. · ISBN 978-2-7384-0415-2 · notice référence bibliographique

Effets négatifs

2
  • Dépassement budgétaire colossal : coût multiplié par 7 à 10 par rapport aux estimations initiales, financé intégralement par les contribuables français et britanniques

    Coût total du programme
    150 millions de livres1300 millions de livres
    Fiabilité hauteMesure : 1976-12-31P. D. Henderson — Two British Errors: Their Probable Size and Some Possible Lessons agent en recherche
  • Échec commercial : seuls 20 appareils construits, aucune compagnie étrangère acheteuse (annulations d'options d'American Airlines, Pan Am, etc.)

    Exemplaires produits

Effets de bord

3
  • Prise de conscience des limites du modèle de subvention publique massive pour les projets technologiques de prestige, influençant les méthodes de financement d'Airbus

    Fiabilité moyenneMesure : 1980-01-01Keith Hayward — Government and British Civil Aerospace: A Case Study in Post-War Technology Policy — Manchester University Press, 1983 · ISBN 9780719008771 référence bibliographique
  • L'expérience de coopération industrielle franco-britannique sur le Concorde a directement engendré le consortium Airbus (fondé en 1970), en démontrant que la coopération aéronautique européenne était viable techniquement malgré les difficultés politiques. Les ingénieurs formés sur le Concorde ont constitué le noyau technique d'Airbus, qui deviendra le premier concurrent mondial de Boeing

    Fiabilité hauteMesure : 1970-12-18Pierre Muller — Airbus, l'ambition européenne : logique d'État, logique de marché — L'Harmattan, coll. Logiques sociales, 1989 · ISBN 9782738404152 · notice référence bibliographique
  • Introduction dans le débat public du concept de « sunk cost fallacy » (escalade d'engagement) : le Concorde devient l'exemple de référence mondiale en économie comportementale pour illustrer comment un projet déficitaire est poursuivi parce que les investissements déjà réalisés sont irrécupérables, phénomène rebaptisé « Concorde fallacy » dans la littérature anglo-saxonne

    Fiabilité hauteMesure : 1985-01-01Hal R. Arkes et Catherine Blumer — The psychology of sunk cost agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

Le Concorde fut une prouesse technologique sans équivalent qui a démontré la capacité européenne à concevoir et produire l'avion le plus avancé au monde. Les retombées technologiques — en aérodynamique, matériaux, systèmes de commande — ont irrigué l'ensemble de l'industrie aéronautique et spatiale européenne. Sans le Concorde, Airbus n'aurait peut-être jamais existé car le programme a forgé les méthodes de coopération industrielle transnationale et les compétences humaines qui ont rendu Airbus possible.

Source académiqueAndré Turcat — Concorde : essais et batailles — Le Cherche Midi, 2000 · ISBN 2749116678 référence bibliographique

Contre

Le Concorde est l'archétype du gouffre financier public motivé par le prestige national plutôt que par la rationalité économique. Le programme a coûté aux contribuables français et britanniques l'équivalent de plus de 20 milliards de dollars actuels pour un avion qui n'a jamais été rentable, n'a transporté qu'une élite fortunée et a concentré des ressources considérables qui auraient pu être investies dans des programmes plus utiles socialement.

Source académiqueP. D. Henderson — Two British Errors: Their Probable Size and Some Possible Lessons agent en recherche

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : EUR-Lex

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources