Lancement du programme Minitel et du plan télématique français
Lancement du Minitel, terminal vidéotex distribué gratuitement par les PTT, premier service en ligne grand public au monde, précurseur d'internet.
Initiative politique : non documentée
⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.
Comment l’initiative est-elle établie ?Description
Le rapport Nora-Minc sur « L'informatisation de la société », remis au président Giscard d'Estaing le 20 novembre 1978, recommande le développement d'un réseau télématique national. Il aboutit à la décision de distribuer gratuitement des terminaux vidéotex (Minitel) à tous les abonnés au téléphone, en remplacement de l'annuaire papier. La Direction générale des télécommunications (DGT, future France Télécom) développe le système à partir de 1980, avec une expérimentation à Vélizy en 1980 puis un déploiement national à partir de 1982. Le Minitel, terminal à écran monochrome et clavier AZERTY, donne accès à l'annuaire électronique (3611) et à des milliers de services via le kiosque (3615, 3616, 3617). Au sommet de son succès dans les années 1990, 9 millions de terminaux sont en service, connectant 25 millions d'utilisateurs à 25 000 services. Le chiffre d'affaires du kiosque Minitel dépasse 1 milliard d'euros annuels. Le système invente de fait le commerce en ligne, les services d'information, les messageries, et forge une culture numérique française pionnière. Le Minitel est arrêté le 30 juin 2012, supplanté par internet.
Contexte
En 1978, la France est en retard sur les États-Unis en informatique mais dispose d'un réseau téléphonique en cours de modernisation rapide. Le rapport Nora-Minc identifie la « télématique » comme enjeu stratégique et recommande une stratégie offensive. Le débat oppose la vision centralisée française (réseau public PTT) à l'approche décentralisée américaine (réseaux privés).
Chaîne d'impact
Réforme
Programme Minitel
novembre 1978
Schéma récurrent — 7 tentatives
Des réformes similaires ont été tentées à d'autres époques
Effets mesurés
Effets positifs
1Premier service en ligne grand public au monde avec des millions de terminaux et des dizaines de millions d'utilisateurs, dix ans avant le web
Terminaux Minitel en service
Effets négatifs
1Le succès du Minitel a retardé l'adoption d'internet en France dans les années 1990, les opérateurs et les utilisateurs restant attachés au modèle télématique existant
Fiabilité moyenneMesure : 1999-01-01Patrice Flichy — L'imaginaire d'Internet — La Découverte, collection Sciences et société, 2001, 272 p. · ISBN 9782707135377 référence bibliographique
Effets de bord
1Création d'un écosystème entrepreneurial autour des services Minitel : des milliers de PME ont développé des services 3615, préfigurant les start-ups du web
Analyses contradictoires
Pour
Le Minitel a été une révolution numérique pionnière qui a mis la France en avance de dix ans sur le reste du monde en matière de services en ligne. Il a démocratisé l'accès à l'information numérique et créé un écosystème de services innovants.
Contre
Le Minitel est l'exemple d'une technologie fermée et centralisée qui a certes précédé internet mais a fini par freiner l'adoption du web ouvert en France. Le modèle économique du kiosque a inhibé l'innovation et retardé l'émergence de champions français de l'internet.
Chaînage législatif
Cette réforme a été abrogée par : Arrêt du service Minitel le 30 juin 2012 par Orange (fiche non identifiée)
Sources
- [2]
Julien Mailland, Kevin Driscoll — Minitel: Welcome to the Internet — MIT Press (coll. Platform Studies), 2017 · ISBN 978-0-262-03622-1 · notice référence bibliographique
Source académiqueJulien Mailland, Kevin Driscoll
Source de vérification : Vie-publique.fr
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources