MajeureLoiÉconomie & FinancesAbrogée

Instauration du bouclier fiscal à 60 % des revenus

Création d'un plafonnement global des impôts directs à 60 % des revenus, limitant la pression fiscale sur les contribuables les plus imposés.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Dominique de Villepin

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Partiellement tenue

Description

L'article 74 de la loi de finances pour 2006 (n° 2005-1719 du 30 décembre 2005) instaure le bouclier fiscal, mécanisme plafonnant certaines impositions directes : impôt sur le revenu, ISF, taxe d'habitation et taxes foncières de l'habitation principale, sans CSG ni CRDS dans le régime initial à 60 % des revenus d'un contribuable. Le droit à restitution peut être exercé pour la première fois en 2007 au titre des revenus 2005 et des impositions versées en 2006. TEPA abaisse ensuite le seuil à 50 % et ajoute les contributions sociales, dont CSG et CRDS, pour les droits acquis à compter de 2008. Cette mesure, portée par le ministre de l'Économie Thierry Breton, est présentée comme l'application du principe selon lequel « les impôts ne doivent pas avoir un caractère confiscatoire », principe reconnu par le Conseil constitutionnel. Le bouclier fiscal vise à freiner l'exil fiscal des grandes fortunes et à encourager l'investissement en France.

Contexte

La France connaît des départs médiatisés de grandes fortunes vers la Belgique et la Suisse (Johnny Hallyday, famille Mulliez), alimentant le débat sur la compétitivité fiscale française. L'ISF, créé en 1989, est un impôt quasi unique en Europe. Le rapport Marini (Sénat) documente un taux marginal d'imposition pouvant dépasser 100 % des revenus pour certains contribuables. Le débat oppose les partisans de l'attractivité fiscale aux défenseurs de la justice redistributive.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 93 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 députés

29 décembre 2005Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006053032_22-10-2016
Publication au JORF
31 décembre 2005
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Bouclier fiscal

décembre 2005

Chaînage législatif

2007modification

La loi TEPA abaisse le plafond de 60 % à 50 % et ajoute les contributions sociales, pour les droits à restitution acquis à compter de 2008.

→ (fiche non identifiée)
2011abrogation

La loi de finances rectificative de 2011 organise la suppression du bouclier fiscal et allège l'ISF ; des droits restent acquis en 2012 et le droit à restitution est supprimé à compter de 2013.

→ (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« Aucun Français ne devrait avoir à payer plus de la moitié de ses revenus en impôts »

Source : Jacques Chirac, déclaration lors du Conseil des ministres, 2005

Écart entre promesse et réalisation

Le plafond est fixé à 60 % et non 50 %, ce qui sera rectifié par Sarkozy en 2007.

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

2

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

Le bouclier fiscal traduit un principe de bon sens : nul ne devrait travailler plus de la moitié de son temps pour l'État. Il protège l'investissement productif, freine l'exil fiscal et défend le droit de propriété. Les exemples de contribuables modestes assujettis à l'ISF par la hausse de l'immobilier justifient pleinement ce mécanisme.

MédiaPosition de IFRAP, exposée dans « Plafonnement à 75 % : le retour du bouclier fiscal ou presque… » agent en recherche(droite)

Contre

Le bouclier fiscal est un cadeau aux ultra-riches payé par la collectivité. 65 % des sommes restituées bénéficient à 1 000 contribuables multimillionnaires. Le remboursement de l'ISF par le bouclier neutralise cet impôt de solidarité. C'est un symbole d'injustice fiscale qui mine le consentement à l'impôt.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • modification
    ref-sarkozy-tepa-bouclier-50 (fiche non identifiée)

    La loi TEPA abaisse le plafond de 60 % à 50 % et ajoute les contributions sociales, pour les droits à restitution acquis à compter de 2008.

  • abrogation
    ref-sarkozy-reforme-isf-2011 (fiche non identifiée)

    La loi de finances rectificative de 2011 organise la suppression du bouclier fiscal et allège l'ISF ; des droits restent acquis en 2012 et le droit à restitution est supprimé à compter de 2013.

Cette réforme a été abrogée par : ref-sarkozy-reforme-isf-2011 (fiche non identifiée)

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources